Sondage

La concurrence étrangère défie les PME

La Suisse est exemplaire en matière de compétitivité. Néanmoins, l’internationalisation de la concurrence pourrait la déchoir, selon un sondage de Credit Suisse présenté ce jeudi

La Suisse trône en haut des classements de la compétitivité depuis des années. A long terme, l’internationalisation accrue de la concurrence pourrait toutefois l’évincer des premiers rangs, selon un sondage de Credit Suisse présenté ce jeudi à une conférence de presse. Si dix ans auparavant seulement un tiers des petites et moyennes entreprises suisses étaient confrontées à la compétition internationale, cela concerne à présent une PME sur deux.

Inégales face à la concurrence

Sur les 1100 entreprises interrogées, 85% jugent leur position concurrentielle bonne ou satisfaisante. Mais une autre réalité se cache derrière ces chiffres. En Suisse, on constate que l’implantation de concurrents mondiaux s’intensifie chaque année. Et ceux-ci pourraient à l’avenir porter préjudice aux PME orientées vers le marché intérieur, qui contrairement aux PME exportatrices, accoutumées à ce type de concurrence, ne se tiennent pas prêtes. Surtout face à la Chine, qui représente une concurrence 70% plus élevée qu’il y a une décennie, selon Credit Suisse. «Ces sociétés ne sont pas préparées à ce type de compétition. Elles doivent désormais faire davantage d’efforts pour s’ouvrir à l’international», indique Sara Carnazzi Weber, coauteure de l’étude.

Lire aussi: Des PME familiales qui ont fait leur transition

Par exemple, la menace de l’arrivée de produits étrangers, accentuée par l’essor du commerce en ligne et le franc fort notamment, a poussé des secteurs comme le commerce ou la construction à se développer pour être plus compétitifs.

Prévention chez les PME

Cette situation n’entame pour l’instant pas l’optimisme des PME suisses. Elles tentent de prévenir cette perte de compétitivité potentielle en appliquant des mesures offensives plutôt que défensives. «Etre conscient du problème peut déjà améliorer la situation», précise Sara Carnazzi Weber. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont déjà opté pour le développement de produits, la conquête de nouveaux marchés ou encore la numérisation.

Lire aussi: Numérisation des PME: des petits pas aussi mènent au but

Ces efforts, Michael Willimann, responsable clientèle des PME romandes chez Credit Suisse, les constate au quotidien. «Elles se montrent toujours plus prêtes à s’installer à l’étranger. Elles nous demandent de les accompagner dans leurs démarches.»

Mais là encore, le sondage pointe quelques inégalités. Les sociétés de 9 collaborateurs et moins peinent à mettre en place ce type de mesures. Seulement 45% d’entre elles estiment avoir les ressources financières pour ces investissements, contre 67% pour les plus grandes PME. Des disparités qui pourraient, à terme, affecter la compétitivité suisse.

Publicité