La fiscalité a dominé les exposés du colloque qui se tenait mercredi à HEC Lausanne en l'honneur du professeur Jean-Christian Lambelet. La journée avait lieu à l'occasion du départ à la retraite du fondateur de l'institut d'études conjoncturelles Créa (LT du 03.11.04).

Si une table ronde a permis à plusieurs économistes et politiciens de débattre des finances vaudoises et de la fiscalité cantonale, les propos les plus iconoclastes sont venus de Marius Brülhart, professeur à HEC Lausanne. Il a présenté un travail qui montre que, en Suisse, la concurrence fiscale ne conduit pas nécessairement aux impôts les plus bas. C'est le cas pour un échantillon d'une quarantaine de communes alémaniques et romandes observées pendant cinq ans.

Dans ces villes, le niveau d'impôt est fixé par une assemblée communale ou peut être soumis à un référendum populaire, ce qui est censé limiter toute inflation fiscale. Or, «plus une commune est petite relativement au canton, plus son niveau d'impôt dépasse ce qu'il pourrait être s'il existait une certaine harmonisation», observe Marius Brülhart. Les communes sont en compétition pour attirer les contribuables. Mais le canton profite aussi de leur arrivée. Autorités cantonales et communales ont donc intérêt à coopérer pour fixer le taux d'imposition le plus bas possible. Une coopération que la concurrence fiscale empêche, estime l'universitaire.