Les écarts de résultat de gestion se sont sensiblement accrus en 2016 pour atteindre 14 points de pour-cent pour le même niveau de risque, affirme Patrick Müller, directeur de Zwei Wealth Experts, lors de la présentation de son étude mercredi à Zurich.

L’analyse porte sur 85 instituts financiers comprenant au total 500 solutions de gestion. La pire performance de gestion pour un portefeuille équilibré en francs suisses a été de –1,67% et la meilleure de +8,5%. Cette différence significative, hors frais, traduit deux phénomènes, selon Patrick Müller. D’une part une gestion active des marchés et d’autre part le fait qu’un grand nombre de performances sont insatisfaisantes.

Systématiquement les meilleurs

Les meilleures performances sont l’œuvre des mêmes gérants dans la plupart des catégories. «Ce sont les mêmes qui présentent un meilleur rendement que la médiane et qui dépassent la plupart du temps l’indice de référence d’une stratégie passive. Zwei Wealth Experts ajoute que la majeure partie des gérants n’ont pas pu créer de la valeur pour leurs clients. En effet, les résultats de la stratégie de référence sont supérieurs à la médiane des gérants dans toutes les catégories.

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Le fait que ce soient toujours les meilleurs aux premiers rangs indique que «les très bonnes performances de certains gérants ne sont pas le fruit du hasard, mais sont atteintes de façon systématique», analyse Patrick Müller. Par contre, les gérants sont assez médiocres dans certaines catégories. Par exemple dans la catégorie des portefeuilles en dollars, aucun gérant n’y est parvenu à battre l’indice de référence.

Zwei Wealth Experts avait montré l’année dernière que les performances étaient médiocres pour les portefeuilles en euros. Entre-temps, la situation ne s’est guère améliorée. Le nombre de résultats qualifiés d’insatisfaisants est passé de 67 à 64%.

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Une analyse approfondie des compétences des meilleurs gérants, qui se caractérisent par un rendement supérieur à la médiane, montre toutefois qu’aucune banque ni aucun gérant ne figurent au sein des meilleurs dans tous les domaines de compétence: gestion active (portefeuille conservateur et agressif), informations de conseiller. «Il n’y a pas de magiciens de la gestion», conclut Patrick Müller. D’ailleurs au cours des sept dernières années, seuls 20% des gérants font mieux que le portefeuille de référence dans chaque catégorie.

La moyenne des meilleurs gérants parvient tout de même à battre partout le rendement de la médiane. Par exemple pour les portefeuilles équilibrés en francs suisses, la moyenne des «Top gérants» réalise un rendement de 5,9% en 2016, alors que la médiane est de 2,7%. Zwei Wealth Expert a calculé que le rendement des meilleurs, dans cette catégorie s’élève à 44% entre 2009 et 2016, contre 25% pour la médiane.

Des écarts de coûts majeurs

Après des années de hausse des coûts de gestion, Zwei Wealth Experts observe une réelle stabilité en 2016. La discussion sur les rétrocessions a produit des effets bénéfiques, selon les analystes.

Les coûts de production (hors frais de gestion) sont aujourd’hui plus bas qu’il y a cinq ans. La médiane se situe autour de 0,5% dans toutes les catégories, contre environ 1% il y a cinq ans. Mais les écarts de frais de gestion sont significatifs et obligent les investisseurs à un examen approfondi. Les meilleurs gérants ont des coûts de production d’environ 20% inférieurs à la moyenne. «Le niveau de performance n’est en rien corrélé au niveau des coûts de production», constate Patrick Müller. Il en déduit que «la concurrence ne fonctionne pas dans la gestion de fortune en Suisse». Les produits chers ne produisent pas nécessairement un rendement supérieur.

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Les mandats privés présentent par ailleurs une performance supérieure de 1,4 point de pourcent aux mandats institutionnels (fonds par exemple). Cet écart est surprenant par son importance, selon Patrick Müller.