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Lyft assurait en mai avoir conquis 35% de parts de marché aux Etats-Unis (contre 17% en janvier 2016 et 22% en janvier 2017).
© CHRIS HELGREN/Reuters

Transports

Concurrent d’Uber, Lyft vaut désormais plus de 15 milliards de dollars

Après une nouvelle levée de fonds de 600 millions de dollars, le service de voitures avec chauffeur, principal rival d’Uber aux Etats-Unis, a vu sa valorisation doubler en moins d’un an et demi

La Silicon Valley le sait, l’ambition de Lyft dans la mobilité ne se résume pas aux voitures. La licorne de San Francisco vient de racheter Motivate, qui représente 80% du vélo en libre-service aux Etats-Unis – à New York, San Francisco, Boston, Chicago et Washington entre autres. L’acquisition était dans l’air depuis plusieurs semaines.

Lyft n’a pas confirmé le montant de 250 millions de dollars (248 millions de francs) avancé par la presse américaine. Après les voitures autonomes ou les trottinettes électriques, un nouveau volet de la rivalité avec Uber (qui a racheté Jump, une entreprise similaire à Motivate, en avril pour 200 millions de dollars) s’est ouvert.

A lire: Lyft commence à vampiriser Uber

Ce rachat intervient quelques jours après une nouvelle levée de fonds de 600 millions de dollars. Cet investissement de Fidelity Management porte la valorisation de Lyft à 15,1 milliards de dollars. Soit deux fois plus qu’en avril 2017. «Les dix-huit derniers mois ont constitué une période de croissance continue et durable. Rien n’indique que cette tendance va s’arrêter», s’est réjoui Brian Roberts, le chef financier du groupe.

Plus d’un tiers de parts de marché

Lyft assurait en mai avoir conquis 35% de parts de marché aux Etats-Unis (contre 17% en janvier 2016 et 22% en janvier 2017). Uber n’a pas forcément les mêmes chiffres mais, c’est certain, Lyft a gagné du terrain. «Cette hausse en valeur sur les quinze derniers mois s’explique principalement par ses partenariats stratégiques, ses acquisitions et sa capacité à capitaliser sur les erreurs d’Uber et sa mauvaise publicité», précise au Temps Harry Campbell, auteur de The Rideshare Guy, le blog de référence sur l’industrie.

Lyft ne semble pas avoir cet instinct de tueur nécessaire pour renverser le leader

Harry Campbell

L’entreprise a par exemple développé des partenariats avec la compagnie aérienne JetBlue ou Disney. La taille de son unité réservée à une clientèle d’affaires aurait été multipliée par 17 depuis début 2016. Il n’empêche que même avec 375 millions de courses en 2017, l’entreprise attend toujours ses premiers bénéfices six ans après sa création.

A lire: Uber et Lyft se lancent dans une course aux milliards

Et Uber, repris en main par Dara Khosrowshahi l’été dernier, reste le leader incontesté du marché. Le géant, présent dans 65 pays, vaut quatre fois plus (62 milliards), a levé trois fois plus d’argent (16 milliards de dollars contre 5,1) et revendique deux fois plus de chauffeurs (3 millions contre 1,4). Il envisage une entrée en bourse, sans doute au deuxième semestre 2019. Certes Lyft, jugé plus respectueux des chauffeurs – en instaurant une option pourboires avant Uber, par exemple – croît plus vite, mais le chemin est encore long. «Lyft ne semble pas avoir cet instinct de tueur nécessaire pour renverser le leader», estime Harry Campbell.

Pas d’expansion à l’international

Le paysage du ride-sharing ne se limite pas aux deux entreprises de San Francisco aux Etats-Unis. Juno (qui laisse plus d’argent aux chauffeurs), Via (qui transporte plusieurs passagers à la fois), Curb (qui connecte un passager avec un taxi), Wingz (centré sur les aéroports), Flywheel, Arro ou RideAustin sont autant d’acteurs du marché. Mais sans présence nationale, aucun ne représente une menace immédiate pour Lyft. L’application SeeJaneGo, qui a mis la clé sous la porte en début d’année faute de financements, n’opérait par exemple que dans la région de Los Angeles.

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Or, la valorisation actuelle de Lyft est due justement à sa stratégie agressive d’expansion sur le territoire américain. Elle est désormais présente dans plus de 600 villes. En revanche, rien ou presque à l’international, mis à part Toronto au Canada. L’exemple d’Uber, battue en Chine par Didi, et qui réfléchirait à céder ses activités en Asie du Sud-Est au singapourien Grab, invite à la réflexion.

La présence de Lyft à Toronto ne serait donc que de la poudre aux yeux pour Harry Campbell. «A ce jour, je pense qu’il s’agit plus de relations publiques que d’une véritable stratégie, explique le blogueur. Comme ça, Lyft peut annoncer aux investisseurs ou aux journalistes que c’est une entreprise globale mais je ne crois pas que ce soit au cœur de ses objectifs à long terme», analyse Harry Campbell. Pour Lyft, la guerre contre Uber se gagnera sur les routes américaines.

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