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Concurrent de Google, Qwant cible désormais les internautes suisses

Le moteur de recherche français qui se veut plus respectueux des données des internautes en ne conservant ni cookies, ni historique de navigation, vient de lancer une version pour la Suisse. Il ambitionne de prendre des parts de marché au géant américain

Aujourd’hui, qui dit recherche sur Internet pense forcément à Google. Le moteur de recherche détient plus de 90% du marché au niveau mondial et en Suisse. Mais il existe des alternatives. Il y a bien sûr Bing, le service de Microsoft. Mais aussi DuckDuckGo, un autre moteur de recherche américain qui affirme préserver la vie privée des internautes. Il existe aussi une alternative européenne, française pour être précis: Qwant. Créé en février 2013, ce moteur de recherche a lancé mercredi 14 juin, pour la première fois, une version adaptée aux internautes suisses.

Ainsi, l’adresse qwant.ch est désormais accessible. Et ses promoteurs affirment qu’ils mettent ainsi en avant du contenu spécifiquement helvétique. Ainsi, les sites Internet en «.ch» sont automatiquement référencés et mis en évidence, ainsi que des sujets d’actualité traités par des médias suisses. Qwant affirme que les e-commerçants helvétiques seront mieux visibles des internautes du pays. «Nous disposons aussi, pour la première fois, d’un centre de données en Suisse, où nous indexons toutes les adresses IP suisses», précise Eric Léandri, cofondateur et président de Qwant.

Aussi de la publicité

Au niveau de l’utilisation, ce moteur de recherche ne diffère à première vue pas beaucoup de ses rivaux. La page d’accueil affiche les moments forts de l’actualité. Sur la gauche se trouvent plusieurs onglets, permettant de rechercher «partout», sur «le Web», parmi les «actualités», «les réseaux sociaux», les «images», le «shopping» ou encore la «musique». Les résultats semblent pertinents et le système n’a a priori pas vraiment à rougir de sa comparaison avec son grand concurrent.

Qwant affiche aussi de la publicité en haut à gauche, qui ne se démarque pas très clairement des résultats de recherche. Mais le moteur de recherche affirme qu’il est beaucoup moins intrusif que ses rivaux: Qwant n’installe aucun cookie sur le navigateur de l’internaute, ne cherche pas à savoir qui il est ni ce qu’il fait et ne conserve pas d’historique des requêtes effectuées. Il dit aussi traiter tous les sites et services indexés sans discrimination, sans modifier l’ordre des résultats selon ses propres intérêts (un reproche qui est adressé à Google par plusieurs sociétés).

«Au service des internautes»

Mais moins bien connaître les internautes ne risque-t-il pas de leur afficher des résultats moins pertinents? «Pas du tout, cela sert au contraire leurs intérêts, affirme Eric Léandri. Si vous effectuez, sur un moteur concurrent, par exemple une recherche pour un vol vers Barcelone ou un hôtel dans cette ville, et que vous rééditez cette recherche quelques minutes plus tard, les prix affichés auront augmenté…» Eric Léandri cite un autre exemple: «Si vous avez des opinions de gauche ou de droite, un moteur concurrent, en connaissant bien votre profil, aura tendance à toujours afficher des résultats qui correspondent à vos opinions, sans tenir compte de la diversité de ce qui se dit sur Internet. Chez nous, un tel biais n’existe pas.»

Selon son président, Qwant est ainsi plus utilisé que ses concurrents et ne possède que 3 à 4% de différence en termes de contenu indexé. Le moteur de recherche français affirme compter environ 40 millions de visites mensuelles. En face, Google ne donne pas de chiffre depuis plusieurs années, mais elles se comptent a priori en milliards de milliards… Qwant espère détenir, d’ici à deux ans, entre 5 et 10% de parts de marché en Europe, notamment grâce à davantage de déclinaisons nationales.

Bientôt rentable

Qwant a attiré plusieurs investisseurs depuis son lancement et Eric Léandri affirme que sa société a levé au total 40 millions d’euros pour assurer son développement. En février dernier, le moteur de recherche levait 18,5 millions d’euros, via un nouvel apport de capitaux d’Axel Springer (coéditeur du Temps avec Ringier) de 3,5 millions d’euros et l’entrée au capital de la Caisse des dépôts, pour 15 millions d’euros. «Nous serons 80 employés d’ici à la fin de ce mois, environ 150 d’ici à la fin de l’année et nous serons bénéficiaires en 2018», assure le président de Qwant.

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