Une rencontre au sommet s’est déroulée lundi à Genève dans le contexte de l’annonce, le 24 avril par le groupe allemand Merck, de la fermeture du siège genevois de Merck Serono. Cette décision, qualifiée par le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, dans un communiqué diffusé hier, de «coup dur pour la région et l’ensemble de la place économique», conduit à la suppression de 580 emplois, dont 80 dans la production, et à la délocalisation de 750 postes de travail.

La séance, première à ce niveau, a réuni du côté politique Johann Schneider-Ammann, conseiller fédéral en charge de l’Economie, Pierre-François Unger, président du Conseil d’Etat genevois, François Longchamp, chef du Département genevois de la solidarité et de l’emploi, et du côté de Merck, Karl-Ludwig Kley, patron du groupe allemand, Stefan Oschmann, responsable de la division pharmaceutique Merck Serono, et François Naef, président du conseil d’administration de Merck Serono Suisse.

Le conseiller fédéral entendait avant tout s’assurer que le coup de tonnerre qui éclate à Genève ne cache pas une détérioration des conditions macroéconomiques suisses, qui pourraient déboucher sur un orage touchant l’ensemble du secteur pharmaceutique et de la recherche. «Il a été rassuré sur ce point», constate une personne en marge la réunion au contenu classé «confidentiel».

Darmstadt inflexible

Les responsables politiques ont également demandé si l’aisance avec laquelle il est possible de supprimer des emplois en Suisse, en comparaison de la situation entrepreneuriale en Allemagne, marquée par des comités d’entreprise donnant un droit de regard des employés sur la marche des affaires, a joué un rôle dans la décision de Merck. L’argument a été balayé par la direction du groupe allemand. Elle a rappelé qu’il était plus logique de préserver la maison mère à Darmstadt. Une autre rencontre a eu lieu vendredi entre Pierre-François Unger et Stefan Oschmann, dont l’inflexibilité n’a pas laissé beaucoup d’espoir aux autorités genevoises de pouvoir faire revenir Merck sur sa décision.

La Confédération semble partager la même opinion. «Il est difficile de devoir accepter le choix du groupe allemand», indique le Département fédéral de l’économie. A Genève comme à Berne, alors que le syndicat Unia exige une table ronde, les autorités restent vagues sur la tenue d’une nouvelle rencontre. «Les contacts sont désormais bien établis. Une fois qu’on s’est assis autour d’une table, c’est plus facile de se téléphoner», indique-t-on à Berne. La direction de Merck a assuré ses interlocuteurs de sa ferme intention de continuer à produire des médicaments en Suisse.

Pierre-François Unger a rappelé hier les circonstances abruptes de l’annonce de la fermeture du site. François Longchamp a reçu un coup de téléphone «informel» vendredi 20 avril, avant que François Naef confirme la nouvelle au cours d’une séance formelle lundi 23 avril. L’annonce aux employés, et la publication de la décision, est intervenue le lendemain.