La confidentialité des données dans le projet commun de Galenica et Kudelski est primordiale. «Sans cet élément, la carte santé n'a pas de valeur car la banque d'informations pourrait être commercialisée et utilisée à des fins de marketing», souligne André Kudelski. Dans ce projet, toutes les données peuvent être cryptées avec une clé de 1024 bytes, ce qui les rend inviolables. Les informations introduites dans un terminal et distribuées par Internet entre les serveurs restent codées. Elles sont inutilisables pour les contrebandiers.

Contrairement à la France qui utilise déjà un système de carte, la base de données de la nouvelle carte santé est totalement décentralisée. Il n'y a pas une autorité suprême qui contrôle l'ensemble de l'information. Chaque patient à un profil santé que seul lui, ses médecins et ses pharmaciens connaissent. Si par erreur cette base de données personnalisée tombe dans d'autres mains, elle sera inutilisable car elle ne donnera que des informations partielles. La gestion des données «à la française» avec une protection de l'Etat est à l'opposé de ce concept.

Autre point important, le client est libre de donner les informations qu'il désire. Il est ainsi totalement maître des données qu'il veut mettre à disposition du système de santé. Avec cette carte, on peut révéler son groupe sanguin, ses allergies, son passé de malade tout en décidant de ne pas communiquer certaines infections. La liberté du patient est ainsi préservée.

Pour l'instant, le joint-venture de Kudelski et de Galenica (E-prica) n'a pas encore chiffré le potentiel d'économie avec exactitude. Mais une chose est sûre: les caisses maladie comme les milieux hospitaliers ont tous donné un accueil très favorable à ce projet. L'idée première est de limiter les frais administratifs, les données contradictoires et de rassembler toutes les informations sur un seul support au lieu d'avoir plusieurs dossiers éparpillés. On attend de cette carte qu'elle dégage des économies d'organisation. Son prix sera compris entre 5 et 25 francs. Mais les économies potentielles sont suffisamment importantes pour financer le support en plastique.