Le confinement a valu à Netflix 15,8 millions de nouveaux abonnés payants de janvier à mars, portant son total à 183 millions dans le monde. Sur la même période l'année dernière, la plateforme avait séduit 9,6 millions de nouveaux adeptes, indique son communiqué de résultats paru mardi.

«La croissance de notre base d'abonnés s'est temporairement accélérée en raison du confinement», explique le groupe, qui a réalisé près de 5,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires au premier trimestre 2020, en hausse de 28% sur un an. «C'est un record en termes de nouveaux abonnés», constate David Sidebottom, analyste chez Futuresource. «Cette croissance vient de nouveaux ménages, mais aussi d'anciens abonnés qui avaient mis fin à leur contrat.»

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Un ralentissement de la croissance en prévision du déconfinement

Pour le deuxième trimestre, Netflix table sur 7,5 millions de clients supplémentaires, mais précise que ce n'est qu'une «hypothèse». «Ce chiffre pourrait ressortir bien plus élevé ou bien inférieur en fonction de plusieurs facteurs, y compris quand les gens reprendront leur vie sociale dans les différents pays et à quel point ils couperont la télévision après le confinement», détaille la société californienne.

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Elle s'attend donc à un ralentissement de cette croissance du nombre d'abonnés. «Instinctivement, les personnes qui n'ont pas rejoint Netflix pendant tout le confinement ne le feront sans doute pas juste après», tempère-t-elle encore. Cette prudence se reflète à Wall Street, où l'action du groupe perdait 0,87% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

Le défi de conserver les abonnés et proposer de nouveaux contenus

Pourtant, tous les voyants financiers sont au vert, malgré la hausse du dollar qui heurte les revenus internationaux du groupe. Netflix a doublé son bénéfice net au premier trimestre, à 709 millions de dollars. La plateforme dispose de réserves de cash, puisque certaines dépenses ont été remises à plus tard, quand la production de films et séries pourra reprendre.

Mais de nombreuses sorties vont être retardées, et la société risque de souffrir d'une comparaison défavorable au troisième trimestre, qui avait été marqué l'année dernière par de nouvelles saisons de Casa de Papel et Stranger Things, des succès populaires. «Nous bénéficions de gros volumes de contenus qui étaient prêts à diffuser ou en post-production quand nous avons dû interrompre les tournages», nuance la société.

Au premier trimestre, le service de streaming a aussi pu capitaliser sur l'engouement suscité par la série documentaire Tiger King: Murder, Mayhem and Madness, qui porte sur les élevages de félins aux Etats-Unis.

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«Le défi de Netflix et des autres plateformes sur abonnement, notamment Disney+, ne va pas être seulement d'attirer de nouveaux abonnés après le confinement, mais surtout de garder ceux qu'ils ont acquis», observe David Sidebottom.