Près de 7,5 milliards de dollars. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a prononcé mercredi la plus lourde sanction de son histoire. Elle autorise les Etats-Unis à imposer des droits de douane d’un tel montant sur des importations en provenance de l’Union européenne (UE), en représailles des subventions, jugées illégales, à Airbus. Elle est tombée quinze ans après le dépôt de la plainte américaine.

Le Département américain du commerce attendait ce rapport de l’OMC avec impatience. La plainte américaine contre les subventions publiques au groupe aéronautique européen a été déposée en octobre 2004. L’OMC a donné gain de cause à Washington en 2011. Par la suite, appels et contre-appels se sont succédé jusqu’à l’annonce de ce mercredi. Les Américains avaient réclamé la possibilité de sanctionner des importations d’une valeur de 10,56 milliards de dollars.

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A présent, il appartient aux autorités américaines d’imposer les sanctions ou pas, en totalité ou en partie. Mais dans l’attente du verdict, Washington a déjà préparé une liste de 90 produits européens importés.

L’UE appelle à un accord

Mais il n’y a pas que la plainte américaine. En 2005, les Européens ont à leur tour dénoncé les subventions publiques dont bénéficie l’avionneur américain Boeing. L’OMC leur a également donné gain de cause. Le montant des sanctions autorisées sera lui connu dans six mois.

Sur cette toile de fond où les Etats-Unis comme l’Union européenne ont violé les règles sur les subventions et où chacun aura le droit de sanctionner l’autre, Bruxelles a appelé à trouver un accord qui éviterait des surtaxes réciproques. «Au cas où les Etats-Unis imposent de nouveaux droits de douane sur nos produits, l’Union européenne n’aura pas d’autre option que de faire la même chose», a réagi mercredi la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.


Une «grande victoire pour les Etats-Unis» selon Donald Trump

Le directeur général d'Airbus Guillaume Faury a appelé à une «solution négociée» dans ce conflit qui oppose Airbus à Boeing par le biais de leurs Etats. Delta Air Lines, compagnie américaine cliente d'Airbus, a déploré ces sanctions, estimant que les tarifs douaniers allaient causer de «graves préjudices aux compagnies aériennes américaines, aux millions d'Américains qu'elles emploient et aux voyageurs».

Le constructeur américain Boeing a, de son côté, déclaré qu'«Airbus peut aujourd'hui encore éviter entièrement ces mesures tarifaires en se conformant pleinement à ses obligations». «Nous espérons que ce sera enfin le cas», a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump s'est quant à lui réjoui, qualifiant la décision de «grande victoire pour les Etats-Unis» lors d'une conférence de presse commune avec son homologue finlandais Sauli Niinisto, dont le pays préside l'Union européenne actuellement.