Le Congo-Brazzaville et le Tchad éliront leur président, le premier dimanche et le second en avril. Des scrutins joués d’avance vu le verrouillage en faveur des indéboulonnables Denis Sassou-Nguesso, au Congo, et Idriss Déby au Tchad. Mais, si l’avenir de ces deux pays ne se jouera pas dans leurs urnes, il se discute en Suisse.

Les deux producteurs d’or noir sont en effet lourdement endettés auprès des négociants en matières premières. En cause: le prépaiement de pétrole proposé par plusieurs sociétés basées en Suisse, un mécanisme décrit mercredi par le magazine Jeune Afrique mais minimisé par les traders comme étant une «pratique vieille de plusieurs siècles».

Taux d’intérêt élevés

Selon les accords conclus avec le Tchad par le géant Glencore, basé à Zoug, et le trader genevois Trafigura avec le Congo, les sociétés de négoce ont prêté directement de l’argent aux deux pays autocratiques. Les entreprises se remboursent ensuite avec les livraisons de pétrole. Selon Jeune Afrique, les taux d’intérêt de ces opérations peuvent atteindre 10%. Et, catastrophe pour le Tchad et le Congo, depuis la conclusion de ces accords, le cours de l’or noir s’est effondré, une chute qui s’est accentuée avec la pandémie de Covid-19.

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Même le Fonds monétaire international s’inquiète de ces accords, qui étranglent les pays concernés. L’institution de Washington a demandé aux pays de rééchelonner leur dette auprès des traders suisses avant de leur accorder de nouveaux prêts. C’est chose faite s’agissant du Tchad. Selon Jeune Afrique, les négociations sont à bout touchant avec le gouvernement de Denis Sassou-Nguesso, qui, en plus d’un nouveau plébiscite électoral, gagnerait une bouffée d’air frais.