Genève ne paraît pas – pas encore? – touchée par le ralentissement mondial de la croissance. L'indice avancé LEA-Pictet de la conjoncture genevoise a en effet atteint à la fin de l'an dernier son plus haut point de ces dix dernières années (voir graphique). Il se situait 5,3% plus haut que son niveau de fin 1999 et même 0,9% en sus du chiffre qu'il affichait en novembre 2000.

Certaines composantes de l'indice synthétique étaient toutefois en baisse en décembre, dont les entrées de commandes dans l'industrie et, plus inquiétant peut-être, les offres d'emplois. La persistance d'un haut niveau d'activité dans le canton étonne malgré tout quelque peu, l'économie genevoise étant particulièrement sensible aux avatars des marchés financiers mondiaux et aux frustrations du dollar. Or si, ces derniers mois, la monnaie américaine a bien résisté compte tenu du ralentissement outre-Atlantique, les marchés boursiers ont – disons-le par euphémisme – plutôt déçu.

Influence favorable de la France voisine

La bonne résistance genevoise tient sans doute en premier lieu à l'excellente conjoncture économique que connaissent la Suisse et l'Europe, la France voisine en particulier. En outre, la place financière genevoise ressent peut-être avec retard les soubresauts boursiers mondiaux, car elle n'est pas spécialisée dans le trading. Le beau temps durera-t-il? Difficile à dire, mais rien n'indique que la situation devrait se dégrader significativement, 2001 ne sera pas 1990, acceptons-en l'augure…