Ses administrateurs vont-ils imposer une réduction de voilure à Swiss? Le conseil réuni aujourd'hui doit examiner les moyens de réduire les coûts du transporteur dans la perspective d'une année 2003 qui s'annonce difficile pour le transport aérien. Swiss avait initialement prévu d'atteindre l'équilibre dès l'année prochaine, soit un an après son lancement. Pieter Bouw, le président de la compagnie, a voulu se montrer rassurant en déclarant ce week-end dans la presse que la taille de la flotte ne figurait pas parmi les thèmes à l'ordre du jour sans pour autant dévoiler le contenu de ce dernier.

Peter Marthaler, porte-parole du groupe, a annoncé hier qu'une conférence de presse aurait lieu mardi à Bâle pour dévoiler les décisions du conseil d'administration. Il a démenti une éventuelle crise de liquidités, comme l'affirme la SonntagsZeitung, et prévoit que le niveau actuel permettait à la compagnie de voler sans problème jusqu'au milieu de l'année prochaine. Selon l'hebdomadaire, Swiss devrait économiser 620 millions de francs pour atteindre l'équilibre financier l'an prochain.

Abandon de destinations non rentables

«Il n'y aura pas de grosses coupes», affirme de son côté Pieter Bouw dans le SonntagsBlick. «La dimension de la compagnie n'est pas remise en cause», dit-il. A l'interne, d'autres sources estiment que tout est relatif. «Le projet Swiss dans sa configuration actuelle reste valide aux yeux de la direction, souligne un cadre. Elle va sûrement abandonner certaines destinations non rentables et peut-être même en essayer d'autres, au départ de Genève surtout qui a été complètement abandonné ces dernières années à la concurrence. La compagnie, qui emploie environ 10 000 personnes et compte 136 appareils, ne changerait pas vraiment de dimension avec 10% de capacité en moins, même si en termes de coût social cela peut paraître très important.»

Alors qu'elle présentait son nouveau concept de navette entre Genève et Zurich fin octobre, la compagnie avait annoncé qu'elle stoppait les engagements de personnel jusqu'à nouvel avis et réexaminait ses dépenses. Le conseil d'administration aura demain les informations qui lui permettront de savoir si les coûts ont ou non explosé depuis les derniers résultats publiés par la compagnie. A la fin du premier semestre, le transporteur affichait une perte nette de 447 millions de francs contre – 640 millions prévus dans le budget. Les responsables de Swiss avaient estimé qu'ils pourraient faire mieux sur l'année que le déficit de 1,1 milliard de francs prévu. La SonntagsZeitung table sur un trou d'environ 800 millions. Reste que les perspectives pour le transport aérien ne se sont pas arrangées depuis, entre des éventualités comme une guerre en Irak, des attentats dans n'importe quel endroit du globe et des surcapacités persistantes qui entraînent des pressions sur les revenus des compagnies.