Le Conseil des Etats fait le procès de la BNS

Hasard du calendrier, alors que la Banque nationale suisse (BNS) confirmait sa politique monétaire, le Conseil des Etats a fait le procès de la politique monétaire.

La Chambre haute avait regroupé dans un débat trois interpellations, deux postulats et une motion visant à estimer les coûts des taux négatifs pour les assurances sociales, les caisses de pension et les propriétaires de logements endettés. Dans le cénacle, mieux valait ne pas s’appeler Thomas Jordan, président de la BNS, tant les sénateurs ont estimé, à l’instar du PDC soleurois Pirmin Bischof, «étrange qu’une décision aussi importante pour la Suisse et son économie échappe à notre compétence».

Projet de fonds souverain

«Plus vite nous serons débarrassés des taux négatifs, mieux cela vaudra», a ainsi clamé le PLR lucernois Georges Theiler, «pour une fois d’accord» avec le socialiste saint-gallois Paul Rechsteiner.

Le PDC lucernois Konrad Graber n’a pas trouvé beaucoup d’alliés pour défendre une politique monétaire «sans laquelle le franc serait beaucoup plus fort et l’économie suisse nettement plus mal en point». La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, cheffe du Département des finances, n’a pu qu’observer que «nous n’avons pas, aujourd’hui, les compétences légales pour intervenir».

Mais les choses pourraient changer. Le Conseil fédéral a accepté la demande des sénateurs de préparer un rapport sur le franc et un autre sur le projet de fonds souverain, à la demande respectivement de Paul Rechsteiner et de Konrad Graber. Ces deux documents pourraient receler des idées visant à moduler la politique monétaire et à prendre le contrôle d’une partie des quelque 517 milliards de francs de réserves de devises de la BNS.

Enfin, les Chambres doivent encore débattre de plusieurs propositions visant à rendre plus transparentes les décisions du directoire de la banque centrale, voire à en réformer la gouvernance.