Il faut mettre sur la table dix fois plus que ce que le Conseil fédéral a promis. C’est l’avis de deux professeurs de l’EPFZ, qui demandent mercredi la création d’un fonds de 100 milliards de francs pour soutenir l’économie alors que le coronavirus continue de se propager, mettant à l’arrêt ou au ralenti plusieurs secteurs de l’économie.

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Alors qu’on attend ce vendredi les précisions du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) sur l’utilisation des 10 milliards promis par le Conseil fédéral, Hans Gersbach et Jan-Egbert Sturm, également directeur du KOF, le centre de recherche macroéconomique de l’EPFZ, estiment que cela ne suffit pas. «L’entier du système économique est en danger», préviennent-ils.

Pas de frein à l’endettement

Le fonds devrait remplacer une partie importante de la production qui n’est pas créée afin de garantir la liquidité des entreprises et préserver les emplois. Dans un texte diffusé mercredi matin, les deux experts appellent aussi à suspendre l’obligation de se déclarer en faillite. L’Etat, ajoutent-ils, devrait offrir une garantie aux entreprises pour qu’elles puissent continuer à recevoir des prêts.

En outre, le frein à l’endettement doit lui aussi être suspendu, ont ajouté Hans Gersbach et Jan-Egbert Sturm. Un tel «Switzerland fund» demande «une mobilisation énorme des fonds étatiques», expliquent-ils, précisant que la situation actuelle des finances publiques est favorable. «Le fonds ne mettrait pas en danger la qualité de crédit de la Suisse, si le pays revient au même niveau de production après la pandémie», estiment les experts.

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Le KOF, qui publiait ses dernières prévisions la veille, anticipe une récession en Suisse au premier semestre. Mais l’économie devrait rebondir ensuite. Sur l’ensemble de l’année, la croissance devrait être positive, à hauteur de 3%. L’institut estimait alors que les mesures, notamment l’accès facilité au chômage partiel, éviteront une «vague de licenciements». Le KOF suggérait néanmoins d’autres mesures, comme un report temporaire des impôts ou des garanties facilitées pour les crédits bancaires pour les travailleurs indépendants.