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Les conseils d’un banquier luxembourgeois à la Suisse

Michel Wohl, ex-directeur de l’antenne helvétique de la Banque Internationale à Luxembourg, recommande à notre pays de se montrer plus flexible. Le Grand-Duché a mieux su faire venir des instituts non européens sur son sol, notamment chinois

Les conseils d’un banquier luxembourgeois à la Suisse

Banque Michel Wohl, ex-directeur de l’antenne helvétique de la Banque Internationale à Luxembourg, livre ses recommandations

Le Grand-Duché a réussi à se montrer plus attrayant

La Suisse et le Luxembourg ont pour point commun d’avoir été souvent mis sous pression par l’Union européenne en matière de réglementation et de fiscalité. Si la place financière helvétique compte encore deux fois plus de banques que le Grand-Duché, le plus petit Etat de l’UE a mieux su attirer des établissements étrangers sur son sol récemment.

Invité mercredi lors d’une rencontre à Zurich par l’Association des banques étrangères en Suisse (ABES), Michel Wohl, conseiller du conseil d’administration de la Banque Internationale à Luxembourg (BIL) Suisse, qu’il a dirigée jusqu’à octobre, a souligné que le Grand-Duché comptait 149 banques qui y étaient enregistrées, contre 141 établissements en 2012.

Surtout, le Luxembourg compte désormais 34 établissements étrangers non européens sur son sol, cinq de plus qu’il y a deux ans, parmi lesquels figurent six banques chinoises. En Suisse, le nombre d’instituts étrangers est passé de 132 à fin 2012 à 122 l’an suivant. Pour Michel Wohl, cela tient à la politique menée par le Grand-Duché pour attirer de nouveaux établissements: «Le Luxembourg est beaucoup plus proactif que la Suisse», juge-t-il.

Et de pointer du doigt le rôle joué par la Finma, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers: «Je ne comprends pas que la Suisse soit aussi restrictive.» Il prend en exemple le projet de faire de la Suisse une plaque tournante en Europe pour le renminbi, la monnaie chinoise: «Les autorités et la Finma ont beaucoup discuté et pendant longtemps il ne s’est rien passé.» Le contraire du Luxembourg où «l’on ne parle pas beaucoup mais où les choses vont vite», selon lui.

Martin Maurer, directeur de l’ABES, a aussi plaidé en faveur d’un meilleur accueil pour les grands instituts bancaires chinois. «Nous devons simplement leur dire que la Suisse est plus intéressante que le Luxembourg ou que Londres, car nous sommes une place financière plus importante», a-t-il déclaré en marge de la rencontre à l’agence AWP.

Le Luxembourg doit-il redouter l’impact négatif de l’affaire «LuxLeaks» pour son secteur bancaire? Non, «en aucun cas», estime-t-il. Au contraire, le Luxembourg pourra démontrer qu’il est possible d’être «innovant et attrayant pour les sociétés de manière légale».

En Suisse, où elle est présente depuis plus de vingt-cinq ans, la Banque Internationale à Luxembourg occupe un segment de niche avec environ 2 milliards de francs d’actifs sous gestion. Elle a des succursales à Genève et à Zurich. Ses projets d’expansion ont toutefois été freinés à cause de sa participation au programme américain de régularisation fiscale. En raison des nouveaux délais imposés par les autorités outre-Atlantique, les acquisitions et cessions attendront. En livrant les documents requis bien à l’avance, l’établissement espérait pouvoir régler l’affaire cet automne encore.

A terme, BIL Suisse ambitionne d’accroître ses actifs sous gestion à 5 milliards, puis à 10 milliards, a mis en perspective Michel Wohl.

L’affaire «LuxLeaks» n’aura aucun impact sur les activités de gestion de fortune

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