Un consensus se dessine pour rééquilibrer des droits de votes au sein du Fonds monétaire international (FMI) en faveur des pays émergents, désormais inéluctable. Un projet de réforme date de plus d’une dizaine d’années mais dort dans les tiroirs. A Pittsburgh, les chefs d’Etat en ont débattu en priorité jeudi et vendredi, et reconnaissent la nécessité de passer de la parole aux actes. Il y va de la crédibilité même du G20 qui se veut une plate-forme représentative de tous les pays.

Selon l’actuelle distribution de quotes-parts, un exercice qui a eu lieu en 1945 à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis détiennent 17% de votes, un droit de veto et un siège au comité directeur. Grâce à un arrangement transatlantique, un Américain dirige la Banque mondiale et un Européen le FMI.

L’Europe est représentée par huit directeurs au conseil d’administration du FMI, ce qui ne reflète de loin pas leur poids dans l’économie mondiale. La France (4,9%) pèse plus lourd que la Chine (3,7%). Le Brésil détient 1,4% des voix, soit moins que la Belgique (2,1%). Collectivement, Bruxelles soutient les réformes. Mais individuellement, les pays ne veulent pas céder leur fauteuil. Plus souples, les Etats-Unis se disent prêts à abandonner certains privilèges, pour autant que l’Europe transmette 5% de ses droits de vote à la Chine. Le débat se complique lorsqu’on voit que certains pays émergents (Russie, Arabie saoudite, Argentine) sont également surreprésentés.

En avril, le sommet du G20 avait fixé à 2010 l’échéance pour changer le FMI. Son directeur, le Français Dominique Strauss-Kahn, vient de confirmer cette date. «Cette institution va être réformée au profit des pays émergents et ce sont les Européens qui vont faire des sacrifices, a déclaré vendredi la délégation française à Pittsburgh. On donnera la priorité aux pays émergents sous-représentés». Les pays qui seront vraisemblablement les grands gagnants de la réforme sont la Chine, la Corée du Sud et la Turquie.

Pour le Brésil, et d’autres pays émergents, il est essentiel de fixer un calendrier définitif à Pittsburgh pour que le FMI puisse approuver cette réforme lors de sa réunion annuelle les 6 et 7 octobre à Istanbul.