La santé du consommateur européen est resplendissante si on la compare à son semblable américain. Moins endetté, puisque sa dette ne représente que 52% du PIB, contre 82% aux Etats-Unis, il économise une part plus importante de son revenu. Le taux d'épargne est de 10% en Europe et presque nul aux Etats-Unis. Cette situation ne va pas durer, selon Nicolas Sobczak, économiste de Goldman Sachs, qui prévoit dans une étude publiée vendredi une réduction du taux d'épargne de 2 à 3 points en cinq ans et ajouter 0,5% de croissance annuelle à la consommation européenne.

La tendance du consommateur à désépargner va progresser en Europe, car les ménages y seront plus actifs sur les marchés de crédit. Nicolas Sobczak est d'avis que les questions culturelles n'expliquent que partiellement leurs réticences actuelles. La demande de crédit est également réprimée. En effet, il se dit frappé par le fait que l'union monétaire européenne n'ait pas rendu le «retail banking» plus local, alors que des progrès évidents sont entrepris dans le crédit aux entreprises.

L'accès au crédit devrait s'accélérer avec le développement du marché hypothécaire. Il est nécessaire de diminuer les paiements initiaux dans l'achat d'une maison. En outre, le crédit à la consommation est trop modeste, spécialement auprès des jeunes. Il n'est pas optimal que le taux d'épargne des moins de 25 ans soit positif en Europe, selon Nicolas Sobczak.

Enfin, la tendance au relèvement de l'âge de la retraite devrait faciliter la diminution de l'épargne. L'économiste observe que les ménages économisent davantage si la durée anticipée de la retraite est plus longue. Une étude de Kirsanova et Sefton explique la faiblesse du taux d'épargne américain par l'âge de la retraite aux Etats-Unis. Or les réformes en Europe prévoient un relèvement de ce dernier.