Mieux qu’annoncée. La croissance allemande a atteint 1,6% en 2014, selon des chiffres revus à la hausse et publié vendredi par l’Office fédéral des statistiques Destatis. Mi-janvier, ce même office n’avait donné qu’une estimation de la progression du produit intérieur brut (PIB) au dernier trimestre de 2014, à «un quart de point». Elle se révèle finalement être de 0,7% par rapport au troisième trimestre, essentiellement tirée par la consommation intérieure, selon un communiqué. Fabrizio Quirighetti, responsable des investissements à la banque Syz, répond aux questions du Temps.

Le Temps: Au vu des chiffres publiés ce matin, on se rend compte que la croissance allemande est de plus en plus tirée par la consommation intérieure et de moins en moins par les exportations. C’est plutôt un bon signe…?

Fabrizio Quirighetti: Oui, c’est une bonne nouvelle. Historiquement, l’Allemagne était tirée par des exportations et les investissements. Et comme les exportations allaient en majorité dans une zone euro malade, par cascade, l’Allemagne était condamnée à péricliter. Ce matin, on constate donc que la consommation allemande repart: c’est un excellent moyen de rééquilibrer la zone euro. Sans compter l’introduction du salaire minimum en Allemagne qui devrait être très positif pour la consommation.

– Où vont ces dépenses?

– Là, on voit que les Allemands dépensent leurs économies aussi dans la construction. Les taux bas servent l’immobilier, où les rendements sont plus intéressants que, par exemple, dans les obligations allemandes. Schématiquement, on peut dire que les Allemands deviennent moins fourmis, et plus cigales. L’Allemagne ne pouvait pas garder la tête hors de l’eau toute seule indéfiniment.

– Et l’impact sur la zone euro?

– Si l’Allemagne se porte mieux, elle sera plus encline à prêter de l’argent aux pays périphériques. Ce qui va permettre à la croissance de ces Etats de retrouver des couleurs. Mais ce n’est qu’une donnée, le reste du cadre est aussi positif pour la zone euro (baisse de l’euro, baisse du prix du baril de pétrole, baisse des taux, etc.). Il faudra voir sur la durée.

– Les marchés ont bien accueilli la nouvelle…

– Oui, et ce qui est intéressant, c’est que si le Dax a atteint un nouveau record, c’est surtout du côté des périphéries (marchés italien et espagnol) que la nouvelle est bien reçue. Pareil sur les obligations d’états.