L'économie suisse a continué de croître au rythme annualisé de 2% au troisième trimestre 2004, mais les premiers signes d'essoufflement se font sentir. Le plus important concerne la consommation des ménages, dont la progression annualisée a ralenti de 1,8 à 1,4%. Comme le chômage ne baisse pas, il y a peu de chances que cette tendance s'inverse à court terme. La consommation des administrations publiques baisse davantage, de 1,8 à 0,8%. Les investissements, eux, se maintiennent à bon niveau (+5% en rythme annualisé), particulièrement dans les biens d'équipement.

Le ralentissement de la consommation privée fait que «l'importance des impulsions positives du commerce extérieur s'est accrue», note le Secrétariat d'Etat à l'économie dans son analyse conjoncturelle de l'hiver 2004-2005. A ce sujet, les exportations ont progressé de 7,6 en rythme annuel au dernier trimestre, contre 10% au premier et 8,6 au second.

Le risque négatif qu'une baisse de régime prolongée dans la zone euro entraîne l'économie suisse dans son sillage «a quelque peu augmenté ces derniers mois» et «une poursuite de la glissade du dollar représenterait un frein supplémentaire à la croissance dans la zone euro et en Suisse», poursuit le Seco, qui n'y voit cependant pas «une fatalité». Reste enfin le facteur incertain du pétrole, qui peut jouer dans les deux sens, puisqu'on a vu les prix chuter de près de 10 dollars en novembre.

Pour l'année 2005, le Seco anticipe une poursuite de l'essor conjoncturel et ajoute que «les perspectives d'une amélioration progressive sur le marché du travail demeurent intactes», mais ne hasarde aucun chiffre, ni en matière de croissance, ni à propos d'emploi.

Prévisions du KOF contradictoires

De son côté, l'institut conjoncturel zurichois KOF a communiqué vendredi que son indicateur avancé sur l'évolution à six mois de la valeur ajoutée de l'économie nationale a poursuivi son recul en novembre (0,71, contre 0,76 en octobre et 0,79 en septembre). Son enquête mensuelle dans l'industrie signale que si la part des entreprises ayant des carnets de commandes en hausse dépasse celle des sociétés affichant une baisse, l'écart s'est réduit ces derniers mois. En revanche – et cette donnée est un peu contradictoire avec les chiffres du Seco – les ménages se montrent plus optimistes quant à leurs perspectives financières.