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Les constructeurs de voitures connectées avancent encore dans le brouillard

La technologie avance plus vite que la connaissance des vrais besoins de connexion des automobilistes et de leurs passagers

Les constructeurs de voitures connectées avancent encore dans le brouillard

Salon de l’auto L’interactivité du véhicule avec les besoins de son conducteur et de ses passagers préoccupe l’industrie

La technologie avance plus vite que les études de marché

La voiture est-elle un lieu de plaisir et de détente? Ou plutôt une source d’angoisse de perdre son chemin, de tomber en panne, ou de rester coincé dans un embouteillage? Ou ressemble-t-elle à un bureau ambulant?

Manifestement, les constructeurs automobiles n’ont pas trouvé les réponses à ces questions. La technologie liée à Internet et les possibilités d’applications pour téléphones intelligents ont fait de tels progrès qu’elles permettent d’offrir tout et n’importe quoi à l’intérieur d’une voiture dite connectée. Cela va de filmer la route à appeler les secours automatiquement, en passant par de multiples possibilités de localisation du véhicule, d’avertissement de dangers, ou de divertissement. Que ce soit par un système fixe embarqué ou via un téléphone portable branché sur le véhicule, qui relie le moyen de transport et ses occupants en temps réel au monde environnant. Mais que veut vraiment le client? Faut-il réserver la connectivité aux véhicules haut de gamme, la proposer en option, ou la mettre à disposition dans tous les nouveaux modèles d’une marque?

Un petit tour de piste derrière les écrans interactifs des voitures présentes au Salon de l’auto à Genève, qui s’ouvre aujourd’hui, montre que l’industrie automobile cherche encore la solution, à la fois sur le plan technique et sur le modèle de commercialisation des diverses formes de connectivité. Les nouveautés proposées partent dans tous les sens. Et les réponses aux questions du journaliste sur les coûts d’utilisation ou la gamme des applications qui fonctionnent vraiment avec un téléphone de telle ou telle marque sont le plus souvent évasives.

Contrairement aux aspects mécaniques et esthétiques des nouveaux modèles exposés, il est quasiment impossible de comparer et de tester l’étendue, la convivialité et le coût d’utilisation de la connectivité des véhicules. Pourtant la plupart des constructeurs admettent que cette offre devient de plus en plus importante dans la décision d’achat d’une voiture. L’offensive la plus spectaculaire dans le domaine vient de l’allemand Opel, filiale du groupe General Motors. «C’est probablement notre plus importante nouveauté présentée au Salon de Genève», explique Karl-Thomas Neumann, patron d’Opel. Il la met au-dessus de la présentation, par exemple, en première mondiale de la nouvelle petite voiture Karl, qui doit permettre à Opel d’entrer dans ce secteur de marché où sont déjà bien présents Volkswagen et les deux constructeurs français PSA et Renault. Le système Opel­OnStar, avec une connexion Wi-Fi installée dans la voiture, sera inclus dans tous les nouveaux modèles Opel et la facture de l’opérateur téléphonique (roaming) sera gratuite durant la première année. «Cet équipement nous ouvre un nouveau marché, car le canal de données à disposition pourra être adapté à toutes les nouvelles technologies et applications», explique Karl-Thomas Neumann.

Le fonctionnement du système repose en partie sur une connexion avec un téléphone intelligent, mais il offre aussi la possibilité de brancher jusqu’à sept appareils connectés en parallèle. Un système d’assistance, via un centre d’appel téléphonique, est également disponible sur la base d’une localisation précise des véhicules.

Du côté de Volkswagen, l’option prise, d’abord sur les nouveaux modèles haut de gamme, est de transposer l’écran du téléphone portable sur l’écran de ­navigation de la voiture. Le conducteur retrouve ainsi une configuration familière. «Nous sommes les seuls à proposer une compatibilité avec Android, Apple et Mirror Link», note Martin Quistorp, porte-parole de VW. Quant à Hyundai, il imagine la connectivité du futur basée sur deux appareils reliés à la voiture: un téléphone et une montre connectée.

Opel étend l’interconnexion via une assistance téléphonique personnalisée

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