La cause principale de cette baisse n’est pas due à une faiblesse de la demande, mais bien aux conditions météorologiques, a indiqué mercredi la Société suisse des entrepreneurs dans sa dernière enquête trimestrielle. Le secteur avait en revanche bénéficié de la douceur de l’hiver 2008.

Selon MétéoSuisse, le mois de janvier a été le plus froid depuis plus de 20 ans, souligne la SSE. Les conditions atmosphériques ont ainsi sensiblement freiné l’activité sur les chantiers. Le recul a été de même ampleur dans le bâtiment (-14,1%) que le génie civil (-12,2%).

Les réserves de travail se sont en revanche sensiblement accrues à fin mars (+13,2%). Cette évolution permet de tabler sur des chiffres d’affaires élevés pour les trois à six mois à venir.

Durant la période sous revue, le fléchissement de l’activité a été supérieur à la moyenne dans le logement (-19%). La stabilité des commandes relativise cependant le tableau pessimiste. Les réserves de travail ont ainsi dépassé leur niveau de mars 2008. La SSE ne s’attend pas une baisse de la demande.

D’importantes différences sont observables sur le plan régional. Si l’activité a diminué dans les cantons de Zurich (-18,6%), Berne (-19,8%), et Lucerne (-34,3%), elle s’est par contre accrue dans ceux de Schaffhouse (+9,7%) et St-Gall (+15,5%).

De son côté, le secteur artisanal et industriel a vu son volume légèrement reculer (-1,5%). La branche a été soutenue par quelques gros projets dans les agglomérations. Les commandes se sont elles contractées de 11,9%, ce qui laisse présager un tassement de la conjoncture dans ce secteur.

Les constructions artisanales sont généralement les plus sensibles au fléchissement de l’économie réelle. Ce secteur ne représente toutefois que 15% du chiffre global de la branche.

Le nombre d’employés dans la construction est resté quasiment stable, à 76’800 (-0,5%). En dépit de l’hiver rigoureux, le nombre de licenciements a été modeste.

La SSE affiche sa confiance pour la suite de l’année. La conjoncture ne devrait pas se tasser jusqu’à l’automne, en vertu des projets annoncés et de l’état des commandes. Le niveau élevé de réserves de travail et le lancement de programmes conjoncturels de la Confédération engendreront sans doute un volume important de mandats pour le génie civil.

Les perspectives demeurent toutefois incertaines pour l’an prochain. Les instituts conjoncturels ignorent en effet si l’économie helvétique va se redresser ou si la récession se prolongera encore. De plus, la lutte acharnée sur les prix risque encore de s’intensifier, redoute la SSE.