La météo maussade du mois d’avril n’y a rien changé. Comme à chaque printemps, tous les chantiers et divers travaux liés aux bâtiments qui étaient restés en suspens durant la période hivernale ont pu reprendre. Et l’effet sur le marché de l’emploi s’en est ressenti.

Selon les données publiées lundi par le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), le chômage en Suisse a reculé de 0,1 point de pourcentage, par rapport à mars et de 0,3 point par rapport au début de l’année. Il s’est inscrit à 3,1%, soit 3234 chômeurs de moins qu’il y a un mois et 11 159 de moins qu’en janvier. Un recul qui contraste avec la détérioration de l’emploi annoncé ces derniers jours en Allemagne et en France.

Ce sont donc surtout les secteurs liés à la construction qui ont bonifié ces chiffres. En un mois, ce sont presque 1400 personnes qui ont retrouvé un emploi dans le bâtiment et le génie civil. Les travailleurs temporaires en ont également bénéficié. La sous-rubrique du Seco dédiée au travail intérimaire, et qui concerne «essentiellement les métiers de la construction», nous a-t-on précisé, affiche 1585 chômeurs de moins en un seul mois.

A l’autre extrémité, l’hôtellerie-restauration occupait 13 503 personnes, à la fin de la saison touristique hivernale, soit 662 de moins qu’en mars. Conséquence directe: le Valais est le seul canton romand à afficher une stagnation de son taux en avril, à 4,1%. Tous les autres font mieux. Le chômage a reculé à 4,7% à Neuchâtel, à 5,2% à Genève et à 5,1% dans le canton de Vaud. Avec 2,7% de chômeurs, Fribourg se situe sous la moyenne nationale.

Pour rappel, le Seco table sur un taux de chômage moyen de 3,4% pour l’ensemble du pays en 2012. Ce qui, en l’état, implique qu’il devrait passer quelques mois au-dessus de ce chiffre. «Les derniers indicateurs avancés (ndlr: celui du KOF et du PMI) nous laissent penser que le marché du travail va se détériorer au cours de l’année», expose Maxime Botteron. Selon l’économiste de Credit Suisse, l’embellie conjoncturelle du début d’année, dont le Seco a déjà pris note en relevant sa prévision de croissance du PIB de 0,5 à 0,8% en mars, a été de trop courte durée pour modifier les perspectives de la banque sur l’emploi.

En lissant les effets des saisons, les chiffres d’avril confirment ce raisonnement. Le taux «désaisonnalisé» de chômage a progressé de 0,1%, à 3,1%. Soit 3721 chômeurs de plus qu’en mars. Au final, «on peut considérer que la très légère dégradation du marché de l’emploi suisse continue au même rythme», résume un porte-parole du Seco.

Autre révélateur de la tendance, le chômage partiel poursuit sa progression. En février, les réductions des horaires de travail (RHT) ont certes touché 277 personnes de moins qu’en janvier. Mais le nombre d’entreprises y ayant recouru a augmenté.

Quelque 700 employeurs étaient concernés (+8%). Le nombre d’heures perdues a ainsi augmenté de 8,8% sur un mois, et de plus de 50%, par rapport à avril 2011.

En lissant les effets des saisons, les chiffres d’avril confirment les perspectives de détérioration