L’année démarre mal pour les 52 collaborateurs de Gétaz-Miauton basés à Villeneuve dans le canton de Vaud. L’entreprise comptant 900 employés au total en Suisse romande, spécialisée dans la distribution de matériaux de construction, a annoncé mercredi cesser à la fin d’avril les activités qu’elle y concentre. A savoir celles de la branche acier, déficitaire. Dans un secteur où la concurrence s’intensifie, tant dans le gros œuvre (maçonnerie, toiture, charpentes) que dans le second œuvre (sanitaires, carrelages, etc.), «nous devions réagir», argue Jean-Christophe Faré, directeur de la division gros œuvre en Suisse romande chez Gétaz-Miauton.

Le Temps: Gétaz-Miauton invoque des difficultés structurelles dans l’activité acier, de quoi s’agit-il?

Jean-Christophe Faré: Le marché de l’acier se caractérise par un très grand nombre d’acteurs. Or nous n’en couvrons qu’une toute petite partie, en distribuant essentiellement des poutrelles et des tôles, ce que font également les sidérurgistes. Difficile de faire le poids avec de la fourniture de dépannage. Par ailleurs, les coûts inhérents à cette activité sont élevés, ce sont des objets lourds, dont la manipulation et le transport nécessitent une logistique spécifique et onéreuse.

Nous avons cherché des repreneurs pendant dix-huit mois en Suisse et à l’étranger, deux groupes helvétiques se sont manifestés, avant de se rétracter. La pression sur les marges était trop importante, nous ne pouvions pas nous permettre d’être plus longtemps déficitaires pour une division qui représente 2,5% de notre chiffre d’affaires.

Les collaborateurs pourront-ils être replacés au sein du groupe néerlandais BME auquel appartient Gétaz-Miauton?

Les postes ouverts à l’interne leur seront proposés en priorité. Les personnes concernées pourront aussi bénéficier d’un accompagnement pour retrouver un emploi. Ils ont en outre vingt jours pour nous soumettre des propositions, comme le prévoit la procédure de consultation.

Plus généralement, comment évolue le secteur de la construction?

C’est assez paradoxal: il y a rarement eu autant de grues dans nos villes, signe d’une forte activité, ce qui se traduit par une hausse des volumes de commandes (entre 0,5 et 1%). Dans le même temps, la pression sur les prix et donc sur nos marges n’a jamais été aussi forte, en raison d’une concurrence accrue et la présence toujours plus importante de fournisseurs étrangers.