La détente sur le marché du travail suisse s'est confirmée en mai. Le taux de chômage s'est contracté de 0,2% à 3,3%. «Pour un mois de mai, il s'agit de la plus forte contraction depuis 1999», a indiqué Jean-Luc Nordmann, directeur du marché du travail au Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).

Mais qui profite le plus de cette embellie sur le front du travail? Les jeunes assurément. Bien qu'elle soit le plus touchée par le phénomène avec un taux de chômage de 3,9%, la catégorie des 15 à 24 ans a vu ses effectifs se contracter de 8,5% d'un mois sur l'autre. «La situation des jeunes est particulièrement sensible. Quand le marché du travail se dégrade, ils sont les premiers touchés. Quand il s'améliore en revanche, ils sont les premiers à en bénéficier. Les chiffres démontrent très bien ce phénomène», estime Jean-Luc Nordmann. A l'office régional de placement (ORP) de Martigny, en Valais, cette baisse «est tout à fait perceptible».

Persistance du froid

Les hommes et les étrangers profitent aussi de cette détente, avec des baisses respectives du taux de chômage de 0,2 et 0,4%. Là, l'amélioration tient surtout à l'effet saisonnier de la construction, secteur qui a vu son nombre de chômeurs reculer de 20%. Et l'effet est particulièrement marqué cette année, comme le souligne Nicole Gigon, cheffe des ORP du Jura, canton où la décrue est la plus forte en mai (-0,3%): «En raison du froid qui a persisté jusqu'à mi-avril, les gens du bâtiment ont repris les chantiers un mois plus tard que d'habitude.»

Ce schéma, à savoir une décrue chez les jeunes d'abord, chez les étrangers et les hommes ensuite, est classique. «C'est toujours celui que l'on observe en Suisse», indique Jean-Luc Nordmann.

Quant à faire des commentaires sur les régions, cela est plus difficile. Le recul dans les cantons romands se situe dans la moyenne suisse (-0,2%, sauf pour Vaud et Neuchâtel (-0,1%) et le Jura). «Les petites différences sont plutôt dues au hasard ou aux actions spécifiques des cantons», estime le directeur du marché du travail du Seco.

L'embellie devrait se poursuivre. Pas de doute, juin est déjà propulsé meilleur mois de l'année par les experts. Ensuite, l'effet saisonnier des jeunes qui terminent leurs études ou leur apprentissage sera-t-il compensé par l'effet conjoncturel? «Il sera éventuellement encore une fois compensé en juillet, mais plus en août», estime Jean-Luc Nordmann. En moyenne annuelle, le Seco table sur un taux de chômage de 3,4%.