Le consultant PwC au cœur du système

Le dénominateur commun des entreprises citées dans les LuxLeaks? Elles se sont toutes appuyées sur des consultants de la filiale luxembourgeoise de PricewaterhouseCoopers (PwC) pour négocier les accords fiscaux («rulings») leur permettant de réduire leurs montants d’impôts.

L’entreprise, qui fait partie des «Big 4» de l’audit (avec Deloitte, Ernst & Young et KPMG), a immédiatement réagi en soulignant que «toutes nos prestations de conseil et d’assistance sont fournies dans le respect des lois et des accords fiscaux applicables au niveau local, européen et international». Le cabinet de conseil basé aux Etats-Unis et qui dispose également d’une implantation en Suisse ajoute qu’il dispose depuis 2005 d’un «code de conduite mondial en matière fiscale».

Risques liés à la réputation

Le caractère légal des accords tranche parfois avec la perception du public. Markus Neuhaus, président de PwC Suisse, expliquait d’ailleurs dans ces colonnes, que «d’un côté, c’est notre rôle d’aider [les entreprises] à réduire leurs charges dans les limites prévues par la loi. D’un autre côté, nous avertissons aussi les sociétés au sujet des risques liés à la réputation qu’elles encourent si elles réduisent au maximum leur charge fiscale. C’est à elles de choisir jusqu’à quel point elles veulent se montrer agressives sur le plan fiscal».

Sur l’année précédente (de juillet 2013 à juin 2014), PwC a réalisé un chiffre d’affaires de 34 milliards de dollars. A elle seule, la division «taxes» a généré un revenu de 8,8 milliards, en hausse de 8%. N’étant pas coté en bourse, le cabinet de conseil n’est pas obligé de divulguer son bénéfice. Il emploie près de 200 000 personnes dans 157 pays, dont 2653 en Suisse. PwC est le résultat de la fusion en 1998 de Price Waterhouse et Coopers & Lybrand, mais l’origine de l’entreprise remonte à 1849.