Contraint, Uber retire du marché français sa variante qui fâche le plus

Transport Attaquée de toutes parts, la start-up californienne a fini par plier

Elle suspend UberPop, son offre avec chauffeur amateur, également proposée à Lausanne, Zurich et Bâle

Les taxis français peuvent crier victoire. Uber a suspendu vendredi dès 20h, pour une durée indéterminée, son service le plus controversé: UberPop. Celui même qui est attaqué en ce moment à Lausanne, par les autorités et les milieux professionnels concernés. Et qui a déjà fait l’objet de plusieurs dénonciations avec, en contrepoids, la signature d’une pétition par plus de 1350 personnes s’opposant à la suppression de cette offre de transport avec chauffeurs amateurs. Pour l’heure, UberPop – qui existe aussi à Bâle et à Zurich – n’est pas formellement interdit à Lausanne. «Nous sommes en discussions constructives, afin d’identifier des pistes pour continuer à fonctionner durablement», résument les services de communication d’Uber.

L’antenne parisienne de la société californienne, elle, a fini par plier face aux pressions (grèves) et aux provocations (violences et intimidations) des taxis. Comme à son habitude dans ce genre de situation, Uber s’est empressé de lancer un appel en ligne à «soutenir les 10 000 conducteurs occasionnels», concernés par la variante UberPop, que compte la France. A l’instar de ce que la start-up avait fait, en avril dernier à Genève, lorsque les autorités du bout du lac avaient condamné ses activités de transport avec chauffeur professionnel (UberX). Un record de plus de 13 000 signatures avaient alors été récoltées en quelques jours. Dans l’intervalle, Uber s’est mis en conformité avec la législation genevoise actuelle. Alors que les consultations avec le canton vont bon train dans la perspective d’une nouvelle loi sur les taxis visant à libéraliser le secteur, et annoncée pour la fin de cet été.

Mais les taxis du canton, regroupés en collectif, continuent de manifester contre les activités de la firme californienne. «Notre priorité, en tant qu’entreprise responsable, est de faire cesser les violences contre les chauffeurs utilisant Uber à Genève», indiquent pour leur part les communicants de la start-up, dont la principale activité reste les voitures de transport avec chauffeur professionnel.

Selon le communiqué officiel, Uber a jeté l’éponge en France, «dans un souci d’apaisement et pour la sécurité des conducteurs» qui s’improvisent chauffeurs de taxi avec leur véhicule de tous les jours. La version «Pop» de l’application Uber serait utilisée par plus de 500 000 personnes dans l’Hexagone.

Toutefois, le discours officiel ne dit pas que cette volte-face est aussi liée à la garde à vue, puis au renvoi en correctionnelle le 30 septembre, de deux de ses responsables (le directeur général Thibaud Simphal et le directeur d’Uber pour l’Europe de l’Ouest, Pierre-Dimitri Gore-Coty).

Ces derniers, après avoir ignoré les proclamations d’illégalité, ont continué de déployer leur service en attendant que la justice tranche définitivement. Ils doivent comparaître notamment pour pratique commerciale trompeuse, complicité d’exercice illégal de la profession de taxi et traitement illégal de données informatiques. On leur reproche aussi d’avoir mis en relation des clients avec des particuliers utilisant leur voiture privée, sans payer de charges.

La version UberPop serait utilisée par plus de 500 000 personnes en France