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Les opportunités et risques principaux, cette année, proviendront des mesures de resserrement des banques centrales.
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Politique monétaire

Contre les banques nationales

Pour certains risques, les garanties ordinaires ne suffisent pas. Certaines failles se moquent des marchés

Les opportunités et risques principaux, cette année, proviendront des mesures de resserrement des banques centrales. Le risque est que les institutions nationales se concentrent sur les données intérieures. Ce ne serait rien si une seule d’entre elles prenait des mesures restrictives. Si, en revanche, toutes les banques décidaient simultanément de telles mesures, les marchés seraient pris de court.

Risques systémiques et idiosyncratiques 

Mais il y a là aussi une très grande chance. En effet, la volatilité des risques systémiques s’en trouvera augmentée, d’où un plus grand nombre de possibilités d’investissement. Par ailleurs, quelques-unes des banques centrales poursuivront leur politique d’expansion, ce qui favorise la différenciation. Il se peut tout à fait que certains pays naguère jugés dangereux paraissent plus attrayants, du fait de leur politique monétaire particulière, que les pays traditionnellement dits «sûrs».

Il faut aussi distinguer entre les risques systémiques et les risques idiosyncratiques. Des facteurs essentiels tels que marges de crédit (spreads), fluctuations des cours boursiers, évolution des taux d’intérêt et autres font partie des premiers.

Les risques idiosyncratiques se rapportent, eux, aux facteurs qui évoluent dans une autre direction que le reste du marché, demeurant ainsi à l’écart. Une majorité d’investisseurs considèrent que la plupart des risques systémiques n’augurent pas d’un ratio risque-rendement favorable, au vu des taux d’intérêt extrêmement bas, des faibles marges de crédit et d’une volatilité modérée.

Protection recommandée

Face à cette situation, une des stratégies possibles consiste à renforcer l’allocation d’actifs dans des investissements à risque idiosyncratique, pourvus de suffisamment de leviers propres pour se comporter autrement que le reste du marché. Or, ces placements sont peu nombreux. Cela oblige à aller vers des positions plus concentrées, à plus long terme. Il faut par ailleurs être prêt à supporter des résultats négatifs si l’on veut profiter de ce type d’investissements.

La question se pose de savoir si les garanties ont offert un bon potentiel de valorisation ces dernières années. Les événements négatifs, depuis quelque temps, provoquent des mouvements à peine suffisants sur les marchés pour profiter des garanties. Ainsi, lorsque la Corée du Nord a lancé un missile en direction du Japon, le marché a réagi avec une grande sérénité. Lorsque la Grande-Bretagne a voté pour la sortie de l’Union européenne, la réaction a été plus marquée mais n’a duré que quatre ou cinq jours.

Les investisseurs demandeurs de souplesse devront apprendre à vivre en fonction de la manière dont les marchés se comportent effectivement et non selon leur comportement supposé, celui qu’enseignent les manuels. A nos yeux, certains risques justifient que les investisseurs se couvrent. Nous pensons notamment aux restrictions monétaires et à la situation de la Corée du Nord.

Les attentes des clients

Ce que les clients demandent, ce sont des revenus, une protection contre les pertes, et la diversification. Cela ne changera jamais. Ce qui est relativement nouveau, c’est que les sources de revenu traditionnelles et les possibilités de se prémunir contre le risque ne fonctionnent plus aussi bien: les rendements sont aujourd’hui si bas que les emprunts d’Etat américains n’offrent plus le même degré de protection.

De même, les produits usuels, axés sur le revenu, affichent des performances bien moindres. Parallèlement, les clients se font plus exigeants en matière de protection et de revenus. Globalement, cette évolution crée un besoin d’élargissement du choix de produits, mieux ajustés aux attentes de chaque client, par le biais d’un éventail plus vaste en éléments d’actifs.

Prochaine crise financière?

La prochaine crise sera fondamentalement différente. Dans le monde entier, on a travaillé dur à écarter les problèmes de dettes qui avaient provoqué la dernière crise. En conséquence de quoi, on a peut-être négligé les causes potentielles de la prochaine. Vu sous cet angle, les investisseurs pourraient bien ne pas être suffisamment préparés à réagir à cette crise à venir.

Dans leur réaction à la crise précédente, les autorités de surveillance ont contrevenu à tant de règles et expérimenté tant de nouvelles approches qu’ils ont brisé bien des tabous législatifs. En d’autres termes, une fois franchi le stade où ils étaient convaincus de l’impossibilité d’agir selon les critères habituels, ils sont arrivés à celui où ils devaient «prendre toutes les mesures imaginables».

Lorsque surviendra la prochaine crise, les autorités ne disposeront dès lors pas nécessairement tout de suite des bons instruments. Mais au moins, ils seront psychologiquement prêts à prendre plus vite les mesures appropriées.

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