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C’est un bras de fer passionnant qui a lieu actuellement en Russie, entre Telegram d’un côté, et de l’autre, le pouvoir de Vladimir Poutine en lien avec l’agence de régulation Roskomnadzor.
© ILYA NAYMUSHIN / REUTERS

Court-circuit

Contre Telegram, l’impuissance russe

CHRONIQUE. Moscou utilise des moyens massifs pour désactiver l’application de messagerie instantanée. Sans succès

C’est un bras de fer passionnant qui a lieu actuellement en Russie. D’un côté, Telegram, l’application de messagerie instantanée pour smartphone, développée en Russie et utilisée par 200 millions de personnes dans le monde, dont 7% se trouvent en Russie. De l’autre côté, le pouvoir de Vladimir Poutine et l’agence de régulation Roskomnadzor. Cette dernière exigeait que Telegram, dont le niveau de chiffrement est très élevé, lui fournisse l’entier des messages acheminés – l’application avait notamment été utilisée par des terroristes ces derniers mois. En face, le cofondateur de l’application, Pavel Dourov, qui a quitté la Russie en 2014, a simplement refusé.

Blocage aléatoire

Du coup, le pouvoir a bloqué aléatoirement plus de 19 millions d’adresses IP la semaine passée, tentant en vain de bloquer Telegram, dont les services migraient en même temps sur de nouveaux serveurs. A ce jeu-là, l’Etat russe ne peut pas gagner. Il risque même de perdre, puisqu’il a bloqué des milliers de sites légitimes. Il a surtout affiché son impuissance à bloquer un service qui lui glisse entre les mains.

Cette bataille fait bien sûr écho au combat que mène souvent la justice, aux Etats-Unis ou en Europe, pour accéder aux données de WhatsApp, Apple ou Google. Une chose est certaine, bombarder son propre réseau, comme le fait la Russie, n’est pas la bonne solution.

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