Selon une estimation de la banque centrale du Brésil, citée mardi par BBC Brasil, quelque 4,7 milliards de réaux brésiliens (soit environ 1,45 milliard de francs) en provenance des coffres helvétiques auraient ainsi été nouvellement déclarés.

Selon la filiale latino-américaine de la chaîne britannique, le mouvement se serait accéléré dans les derniers jours de l’amnistie, les contribuables indélicats tablant sur une modification de dernière minute du régime spécial de régularisation fiscale, mis en place sous forme de loi en janvier dernier. «En plus, cela fait partie de la culture brésilienne d’attendre la dernière minute», a confié un intervenant zurichois.

La semaine dernière, la Recette fédérale a fait savoir par voie de communiqué qu’au 27 octobre, près de 22 000 contribuables s’étaient annoncés, essentiellement des personnes physiques, pour des actifs totalisant 152,6 milliards de réaux. Les rentrées fiscales générées par la régularisation, les arriérés d’impôts et les amendes devraient se monter à plus de 45 milliards de réaux, selon le fisc brésilien.

Faible part en Suisse

Les fonds déposés en Suisse ne représentent que 3,4% du total des montants qui ont refait surface, estime la banque centrale du Brésil, qui s’attend à avoir les montants définitifs d’ici à deux mois. Les principaux pays de provenance de ces avoirs sont les Etats-Unis (52%) et les îles Caïmans (23%). Viennent ensuite le Royaume-Uni (5,7%) et les Bahamas (3,9%), la Suisse n’arrivant qu’en 5e position.

Interrogé par BBC Brasil, un responsable d’une «grande banque privée» affirme que les clients brésiliens de cette dernière ont été invités à régulariser leur situation fiscale. «Ceux qui se refusent à déclarer leurs avoirs seront amenés à fermer leurs comptes auprès de notre banque», a-t-il ajouté.

Selon un avocat spécialisé, les contribuables s’étant dénoncés doivent s’attendre à des coûts de l’ordre de 30% des actifs régularisés: 15% en arriérés d’impôts et 15% en amendes.