Paix du travail

La convention collective horlogère est renouvelée pour cinq ans

Syndicats et patronats sont tombés d’accord. Ils ont signé vendredi la quinzième convention collective de travail de l’industrie horlogère. Elle est jugée «plus moderne, plus sociale et plus protectrice» par le syndicat suisse Unia

Sur le front de l’emploi horloger, les bonnes nouvelles se font rares. L’une d’entre elles est tombée vendredi. Dans une annexe sans charme de l’hôtel neuchâtelois DuPeyrou, la quinzième Convention collective de travail (CCT) de la branche a été signée par le syndicat Unia et la Convention Patronale de l’industrie horlogère.

Dans l’ensemble, «pas de nouveautés extraordinaires», a concédé Pierluigi Fedele, responsable de la branche horlogère d’Unia. Cette CCT ne contient pas de plan spécial, à l’heure où l’industrie traverse une crise structurelle profonde qui entraîne presque chaque mois son lot de licenciements. Mais elle est plutôt une nouvelle preuve, unanimement jugée importante, que les partenaires s’engagent à dialoguer plutôt qu’à s’affronter durant les années à venir.

Présente devant la presse, la présidente d’Unia Vania Alleva a souligné qu’il s’agissait «d’une bonne CCT, en comparaison avec les conventions des autres branches». En ajoutant qu’elle était un pilier important du partenariat social suisse.

Ambiance bon enfant après des négociations difficiles

Durant l’heure de conférence précédant la signature des documents, l’ambiance entre syndicalistes et représentants des patrons était plutôt bon enfant, à les entendre échanger de petites touches d’humour au fil des questions des journalistes. Pourtant, «les négociations, qui ont débuté le 20 octobre 2015, ont été longues et parfois difficiles», a indiqué Pierluigi Fedele.

Ce dernier a résumé cette nouvelle mouture de la CCT en trois qualificatifs: plus moderne, plus sociale et plus protectrice. Sur 43 revendications posées sur la table des négociations, 17 ont abouti. Totalement ou partiellement.

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Trois exemples parmi d’autres: l’amélioration des conditions des congés maternités (18 semaines à 100%) et paternité (5 jours pour le premier enfant, puis dix jours), la participation de l’employeur aux primes des caisses maladies à hauteur de 175 francs par mois et une redéfinition des salaires minimums. «Cette industrie symbolique, qui fait la fierté de notre pays, doit bénéficier de bonnes conditions de travail», a insisté Pierluigi Fedele.

«Ni vainqueurs, ni vaincus»

«Il n’y a eu ni vainqueurs, ni vaincus. Simplement deux partenaires qui ont débattu loyalement», saluait Elizabeth Zölch. La présidente de la Convention patronale a ensuite rappelé que, dans les années 1970, lors des premières négociations (qui se tenaient déjà à l’hôtel DuPeyrou) «les syndicats présentaient leurs revendications et les employeurs tâchaient de céder le moins possible». Aujourd’hui, les choses ont changé.

Le patronat a ainsi souhaité mettre en avant d’autres aboutissements, comme l’augmentation de 12 à 24 mois des contrats à durée déterminée, la baisse de la durée de protection contre les licenciements en cas de maladie ou accident (de 56 à 30 jours) et la suppression de la participation de l’employeur aux primes d’assurances maladie pour les enfants.

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Cette nouvelle édition entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Elle concerne près de 50 000 employés (85% du total) et plus de 500 entreprises (72%) dont la quasi-totalité des grands noms de l’industrie.

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