Soutenir et converger: tels sont les mots d’ordre des ministres des Finances de l’UE qui se retrouvent à Bruxelles ce mardi à partir de 9 heures, pour leur premier Conseil Ecofin de 2011, sous présidence hongroise. Leurs conclusions sont attendues à la mi-journée et serviront de base aux discussions des chefs d’Etat ou de gouvernement qui se retrouveront à leur tour dans la capitale belge le 4 février, pour un sommet informel consacré officiellement à l’énergie et à l’innovation, mais assuré d’être dominé, une fois de plus, par la crise de l’euro. L’Allemagne exige toutefois d’attendre le sommet formel de printemps, en mars, pour prendre des décisions. Le soutien est bien sûr celui que doit apporter l’UE à ses pays membres les plus vulnérables: Portugal, Grèce, Espagne et Irlande. Lundi soir, les ministres des Finances de la zone euro plus quelques autres pays désireux de participer à leurs discussions (Royaume-Uni, Hongrie, Danemark, Pologne entre autres…) ont longuement débattu de l’actuel Fonds de secours (EFSF) basé à Luxembourg. Sous la pression de l’Allemagne, qui ne veut pas précipiter les choses, aucune décision n’a été prise. Mais l’augmentation des capacités d’emprunt de ce mécanisme intergouvernemental créé en mai est acquise. Un consensus s’est dégagé ces derniers jours sur le renforcement de la capacité effective de prêt du Fonds de soutien, sans cependant que soit augmentée son enveloppe globale, qui demeurerait plafonnée à 440 milliards d’euros, auxquels viennent s’ajouter 60 milliards gérés par la Commission et 250 milliards promis par le Fonds monétaire international en cas de nécessité.

L’idée est de permettre à ce Fonds de mettre sur la table, au cas où, les 440 milliards en question alors qu’actuellement, son plafond réel d’emprunt se situe plutôt aux alentours de 300 milliards, le reste devant être mis de côté en raison des garanties nécessaires pour obtenir des conditions de prêt avec la notation AAA, la meilleure possible. L’EFSF doit lever son premier emprunt destiné à aider l’Irlande dans les prochains jours.

«Il est évident que la décision prise en mai qui prévoit que les Etats membres (de l’Union monétaire) mettront à disposition 440 milliards d’euros sera maintenue, nous sommes en train de voir les différents instruments que nous pouvons actionner pour y parvenir», a indiqué Jean-Claude Juncker, avant de répéter que «tout sera fait pour défendre la monnaie unique si elle est attaquée». Un nouvel emprunt espagnol à dix ans doit intervenir le 20 janvier. Il est considéré comme un test crucial après les levées de capitaux réussies, la semaine dernière, par le Portugal et l’Espagne.

La réunion du Conseil Ecofin est importante car elle va permettre sur ce sujet un échange de vues pan-européen. Elle devrait aussi permettre à des pays très bien notés mais situés hors de l’euro, comme le Royaume-Uni, la Suède ou le Danemark, d’échanger avec le noyau dur des six pays de la zone euro jouissant de la meilleure réputation auprès des investisseurs pour emprunter sur les marchés, grâce à leur notation triple A (France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Finlande et Autriche). Ces derniers se sont réunis séparément lundi à Bruxelles. Le gouvernement britannique, tout en refusant d’être associé au mécanisme de secours, a tenu à être impliqué dans les actuelles négociations.

L’autre sujet clef de ce Conseil sera la convergence économique. Le «semestre européen» de surveillance, par la Commission européenne, des grandes orientations budgétaires des Vingt-Sept a démarré la semaine dernière, et le Parlement européen doit maintenant adopter les différents actes législatifs, notamment ceux portant sur les sanctions semi-automatiques qui seront infligées aux Etats «défaillants».

Le commissaire aux affaires économiques Olli Rehn a longuement insisté, lundi soir, sur la nécessité, en plus de l’augmentation du Fonds de secours, de faire un effort en matière de gouvernance et de procéder, en février prochain, à de nouveaux stress-tests bancaires les plus rigoureux possibles. Ces tests seront conduits par la nouvelle Autorité bancaire européenne basée à Londres.