Deuxième groupe de réassurance helvétique, scindé l'an dernier du groupe Zurich Financial Services, le groupe Converium a communiqué simultanément deux nouvelles mardi, l'une négative et l'autre favorable. Après avoir déjà dû constituer des provisions à hauteur de 47 millions de dollars au troisième trimestre en relation avec des affaires réassurées par Converium Amérique du Nord entre 1997 et 2000, Converium a encore annoncé hier devoir provisionner un montant supplémentaire de 70,3 millions de dollars (102 millions de francs) dans les comptes du quatrième trimestre 2002. Ce chiffre a pourtant d'abord rassuré les marchés qui craignaient que le neuvième réassureur mondial ne rehausse ses premières estimations de provisions communiquées le 28 octobre dernier. La banque Dresdner Kleinwort Wasserstein a même réagi positivement en relevant son objectif de cours de 2 francs à 77 francs mardi. «Converium semble avoir franchi ce pas avant les autres. Reste à savoir si ces provisions vont suffire à long terme», réagit de son côté Stephan Schürmann, spécialiste des assurances auprès de la banque Pictet. La constitution de réserves sur des dommages qui se sont produits voici plusieurs années est toutefois généralement mal accueillie car perçue comme une mauvaise appréciation du risque par la société. D'où le recul de 7,2% à 59,85 francs essuyé mardi par l'action Converium.

«Entre 1997 et 2000, les compagnies d'assurances ont eu tendance à compenser leur faible rentabilité technique par de bons résultats financiers. Ce qui les a poussées à mener des politiques de primes souvent trop agressives.

Revenus substantiels

A leur tour, les réassureurs ont également pu s'appuyer durant ces années sur des revenus financiers substantiels, de nature à compenser la rentabilité insuffisante de certaines affaires de réassurances», commente encore Stephan Schürmann. Le montant total des provisions supplémentaires constituées par Converium en 2002 sur des polices souscrites entre 1997 et 2000 s'élève ainsi à 117,3 millions de dollars nets. Ces provisions concernent notamment des assurances véhicules à moteur ou responsabilité civile pour fautes médicales. En compensation partielle de ces charges additionnelles, Converium a toutefois fait savoir mardi – c'est la bonne nouvelle – qu'une analyse approfondie du portefeuille d'engagements de Converium Amérique du Nord a permis de réduire de 19,6 millions de dollars les réserves liées à deux grandes caisses de compensation, dont les pertes ont évolué plus favorablement que prévu entre 1998 et 2001.

«Les mesures prises au cours des troisième et quatrième trimestres illustrent la détermination de la direction à aborder de manière résolue et proactive les questions relatives aux réserves», a souligné Dirk Lohmann, le responsable opérationnel (CEO) de Converium, dans le cadre d'une conférence téléphonique. «A moins d'une grosse catastrophe, les bénéfices accrus induits par l'évolution positive de nos affaires non-vie vont certainement compenser l'augmentation des réserves», a précisé de son côté Martin Kauer, le responsable financier du groupe. Et Dirk Lohmann de tabler sur un bénéfice 2002 supérieur à celui enregistré sur les neufs premiers mois (ndlr: 26 millions de dollars). Stephan Schürmann table d'ores et déjà sur un bénéfice de 79 millions de dollars cette année. Conséquence des attentats de l'an dernier aux Etats-Unis, à l'instar des autres compagnies de réassurances, Converium a pu augmenter substantiellement ses primes cette année, de l'ordre de 10% à plus de 30%. Et Dirk Lohmann table sur une nouvelle amélioration de la rentabilité en 2003.