Conversation

Coop grillé par ses internautes pour ses barbecues sexistes

En publiant un magazine truffé de stéréotypes sexistes, le géant de la distribution s’attire les foudres sur les réseaux sociaux. Dans une réponse, le groupe bâlois concède une communication «pas optimale»

Coop est vraiment de toutes les tendances. Alors que la mobilisation citoyenne pour le climat bat son plein, le géant de la distribution criait récemment son «amour de la nature» au-dessus de caisses de légumes bios enrobés de plastique, acheminés à grand renfort de kérosène, de fioul ou de diesel.

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Cette fois, c’est autour d’un barbecue que le géant orange invite au débat. Mais ce qui enflamme les réseaux sociaux ce jeudi n’a rien à voir avec la viande et les ravages causés à l’environnement par l’élevage industriel – Coop a bien retenu la leçon du concurrent Migros, forcé de garnir ses buns de tranches d’aubergine après le tollé suscité par sa campagne #grilétariens l’an passé.

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Coop décide aujourd’hui de remettre les pendules à l’heure sexiste. Dans un magazine consacré à «l’art des grillades», distribué mardi en supplément de son hebdomadaire Coopération, le géant orange rappelle que le barbec, c’est une affaire d’hommes. Et «quand le sexe fort veut se mettre quelque chose sous la dent» (sic), il grille de la bidoche entre copains en buvant des bières. «Quand, mais quand est-ce que ça paraissait une bonne idée» aux yeux de Coop, se demande David Raedler, avocat et vice-président des verts vaudois, sur Twitter.

Les femmes, elles, on les retrouve «entre amies» en page 54, discutant «tranquillement» – ben oui, on n’élève pas la voix quand on est une fille bien – sans doute de yoga ou de rééducation périnéale, ou, pire, de leurs règles. Peu importe de toute manière. Et que mangent ces trentenaires épanouies? De la salade et des graines, évidemment, en trinquant avec «des rafraîchissements fruités irrésistibles». Même pas une de ces pseudo-bières aromatisées au litchi, une merveille de l’agroalimentaire qui préserve l’haleine des femmes et leur décence grâce au faible taux d’alcool.

Pas comme cette dévergondée de Laura en page 26, tatouée – un brin garçonne – qui descend une vraie binche en retournant une immense côte de bœuf. Il fallait bien une exception pour confirmer la règle.

A tous ses détracteurs, l’équipe de communication de Coop se dit désolée et concède que «ce n’est vraiment pas optimal». Pour son image, certainement pas. En revanche, à quelques semaines de la grève des femmes, c’est du pain bénit pour tous ceux qui clament que la lutte continue. Pour moi. Pour toi.

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