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Franc Fort

Coop justifie sa stratégie face à Procter & Gamble

Le distributeur brade à nouveau les prix d’une série de produits de marque qui appartiennent au géant américain. Il explique pourquoi certains produits ne subissent pas de baisse

Un magasin Coop, au centre-ville de Genève. Au rayon cosmétique, une main se tend. Elle frôle un flacon de «Nivea Styling Mousse» (7,20 francs) mais reste en suspens. Sur le rayon au-dessus, la pancarte indique: «Trop c’est trop. NON aux profiteurs du taux de change, 50% de rabais avant suppression». Y figurent également les trois marques incriminées (Wella, Lenor et Antikal). La cliente se ravise. Elle agrippe plutôt la «Wella Pro Series Mousse» qui, derrière la pancarte coûte désormais 4,95 francs (au lieu de 9,90 francs). Depuis lundi, Coop brade les prix de 35 produits de marque du géant Procter & Gamble.

Le communiqué de presse publié dimanche par Coop était sans ambages: «Les offres de la multinationale américaine sont purement et simplement insuffisantes […] Procter & Gamble refuse de faire profiter la clientèle suisse des économies réalisées grâce au taux de change. Par conséquent, Coop se voit contrainte de retirer […] 35 produits de marque.»

En revanche, d’autres produits de la même multinationale restent en vente sans aucune modification de prix (par exemple Gillette ou Pampers). «Facile à expliquer», selon Urs Meier, porte-parole de Coop. «Les produits que vous mentionnez sont des «must-in stocks» (ndlr: l’entreprise juge impératif de les avoir à disposition). Théoriquement, on pourrait les ôter des rayons mais en pratique, ce serait catastrophique pour les consommateurs comme pour Coop.» Le porte-parole ne craint pas qu’il existe un risque que les consommateurs se détournent sur le long terme de leurs marques favorites au profit des produits bradés à 50%, si ces derniers devaient revenir dans les rayons.

«Le distributeur a peur»

Richard Eisler, directeur de comparis.ch – qui a publié vendredi un comparatif des baisses généralisées de prix chez les grands détaillants du pays –, tranche: «Coop a peur. Elle se trouve face au pouvoir de Procter & Gamble, pouvoir que personne ne doit sous-estimer. Peu de gens vont chez Coop pour Wella ou Lenor, mais beaucoup y vont pour Pampers. Dans la tête des clients, ce produit ne peut pas être substitué. La marque est trop forte!»

Le poids important de ces marques ne pourrait-il justement pas servir à faire pression sur la multinationale? «Non, ce serait surtout un choc pour Coop. A l’instant où ils arrêteraient Pampers, un concurrent sauterait sur l’occasion et là, ce serait dramatique», insiste Richard Eisler

Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC), salue la démarche: «Elle clarifie la chaîne de responsabilité. Coop rompt l’omerta. Le problème réside dans les produits «must-in stocks». Il faut remettre leur pouvoir démesuré en question. Dire que ces produits sont irremplaçables, c’est dire qu’ils sont monopolistiques. Et il faut lutter contre les monopoles.»

Les rayons qui contenaient les produits incriminés semblent désormais abandonnés. «On reçoit des directives, explique le gérant d’un autre magasin Coop. Nous devons les laisser vides.»

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