Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Coop utilise depuis un an une flotte de voitures à hydrogène. Elle teste aussi un prototype de camion de transport équipé de cette technologie.
© Kilian J. Kessler

Environnement

Coop pionnière de la mobilité à hydrogène

Comme en témoigne une exposition au Salon de l’auto de Zurich, Coop mise désormais beaucoup sur le carburant gazeux, produit localement sans CO2. Au point de développer un réseau de distribution d’hydrogène sur tout le territoire suisse

«De la communication verte? Vous n’y êtes pas. Nous nous sommes fixé un objectif: afficher un bilan CO2 neutre d’ici à 2023. Nous employons les moyens qui nous semblent les plus opportuns pour y parvenir. Dans ce cadre, nous croyons beaucoup à l’hydrogène», répondait mercredi soir Joos Sutter, président de la direction générale de Coop. Le patron du géant de la distribution participait à l’inauguration de l’Auto Zurich Car Show, le Salon annuel de l’automobile en Suisse alémanique.

Joos Sutter était présent sur le stand d’une exposition spéciale du salon, consacrée à la filière de l’hydrogène en Suisse. La présentation brosse les grandes étapes de la locomotion, du cheval à la voiture autonome. Non sans épingler les défauts de l’auto électrique lorsqu’elle est apparue au début du XXe siècle, handicaps qui demeurent: des batteries trop lourdes et trop peu puissantes pour assurer un bon rayon d’action, ainsi que des temps de recharge trop longs.

De plus longues distances parcourues

C’est une exposition symptomatique de la réorientation de l’hydrogène comme carburant automobile. Bousculés par l’effort gigantesque des constructeurs vers le tout électrique, les promoteurs du gaz rappellent que ce type de véhicule est aussi électrique. En associant hydrogène et oxygène, une pile à combustible produit l’énergie nécessaire au déplacement d’une automobile, via un moteur électrique. Avec l’avantage de pouvoir parcourir de plus longues distances qu’avec des batteries lithium-ion: en moyenne 500 km, bientôt davantage. Le plein, effectué en quelques minutes, est aussi beaucoup plus rapide que pour une voiture électrique.

Reste à produire de l’hydrogène sans CO2 néfaste. C’est ici que Coop a trouvé un modèle en forme de cercle vertueux, encore unique au monde. Le gaz est le plus souvent obtenu à partir d’un hydrocarbure comme le méthanol. Il peut aussi résulter de la séparation de molécules d’eau par électrolyse, sans émanation de dioxyde de carbone.

Miser sur l’électrolyse

Coop a fait alliance avec la centrale hydroélectrique IBAarau, ainsi qu'avec la start-up H2 Energy qui prend en charge l’électrolyse, sur place. L’hydrogène est ensuite transporté par camion (seule entorse à ce modèle sans CO2) sur dix kilomètres pour approvisionner la station Coop d’Hunzenschwil, en Argovie. Ouverte il y a un an, cette pompe publique à hydrogène est la première en Suisse. D’autres stations Coop de ce type ouvriront bientôt à Bâle, Zurich et Berne, avant sans doute Crissier dans le canton de Vaud.

«Nous utilisons beaucoup le rail, ainsi que le biodiesel, note Jörg Ackermann, chef du projet «Hydrogène» chez Coop. Mais nous avons trouvé dans l’hydrogène une technologie durable, locale, sans subvention publique ni dépendance de l’étranger. On part de l’eau pour aboutir à l’eau: les véhicules à pile à combustible ne produisent que de la vapeur ou des gouttelettes.»

Adapter la flotte de poids lourds

«Dans un premier temps, nous avons acquis une flotte de 12 voitures Hyundai iX Fuel Cell, poursuit Jörg Ackermann. Elles servent aux agents de notre centre de distribution à Schafisheim. Depuis un an, elles ont parcouru 300 000 km sans problème et économisé 60 tonnes de CO2. Maintenant, il s’agit d’adapter notre flotte de poids lourds.»

Problème: les véhicules utilitaires à hydrogène sont encore au stade des tests. «Nous poussons les constructeurs à nous fournir rapidement de tels poids lourds, confie Philipp Dietrich, patron de H2 Energy. Un camion consomme cinquante fois plus de carburant qu’une automobile pendant une année. Si bien qu’une station publique à hydrogène peut être profitable avec seulement dix camions. D’où l’intérêt de développer un vrai réseau de distribution en Suisse, susceptible d’intéresser de petites ou grandes entreprises de transport, contraintes elles aussi d’améliorer leur bilan CO2.»

Si grâce aux poids lourds un réseau de distribution d’hydrogène se met en place, les particuliers pourraient eux aussi être intéressés par le gaz, au coût équivalent à celui du diesel, mais plus favorable sur le plan de l’environnement. Les Hyundai iX 35, Honda Clarity et Toyota Mirai qui trônent dans l’exposition spéciale d’Auto Zurich témoignent de cette attente.


Auto Zurich Car Show, Messe-Oerlikon, jusqu’au 5 novembre.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)