Coop restructure sa logistique de distribution. Conséquence: 150 à 215 emplois sont menacés d'ici à 2005, principalement en Suisse romande. Après avoir annoncé en août 1999 la fusion de ses quinze sociétés coopératives dés le premier janvier 2001, le numéro deux de la distribution à rendu public vendredi le plan de restructuration de ses 26 centrales régionales, réduites au nombre de 16 ou 17. Le patron de Coop, Hansueli Loosli, a présenté hier à Bâle les objectifs de l'opération. Si ce dernier assure que cette restructuration n'entraînera aucun licenciement, il admet toutefois que la fermeture de plusieurs centrales de distribution implique la délocalisation de nombreux postes de travail.

«Emploi convenable»

La Suisse romande est particulièrement concernée par le plan, puisque les centrales de Renens (VD), Crissier (VD) et Fribourg seront fermées d'ici quatre ans. Au moins 210 employés dans le canton de Vaud, ainsi que 50 à Fribourg devront donc être déplacés, soit à Genève, soit à Givisier (FR). La direction de Coop a déclaré que des postes aux conditions équivalentes seront proposés aux employés déplacés. «Mieux, a déclaré Hans Winiger, membre de la direction générale et responsable de la logistique. Des créations de postes auront lieu dans les secteurs à croissance que sont l'e-commerce, Coop Pronto, Coop Vitality et Coop Brico et Loisirs.» Pourtant, dans un communiqué publié hier, la Fédération des travailleurs du commerce, des transports et de l'alimentation (FCTA) demande un plan social séparé pour les travailleurs concernés. Même s'il comprend la nécessité de la restructuration – en août 1999, la FCTA déclarait déjà les structures de la coopérative «lourdes et en partie obsolètes» (LT 23.08.99) – le syndicat estime que l'application de ce plan doit être soumise à des normes contraignantes. En particulier, la FCTA exige que soit clairement définie la notion «d'emploi convenable» pour le personnel déplacé. «Il est nécessaire de fixer les conditions d'une retraite anticipée ainsi que les indemnités de déplacement, de déménagement et, le cas échéant, de départ» ajoute le syndicat.

Une restructuration qui coûte cher

Vaud et Fribourg ne sont pas les seuls cantons touchés. La nouvelle structure prévoit notamment la réaffectation des centrales de La Chaux-de-Fonds (NE) et de Châteauneuf (VS). Ces dernières ne ferment pas, mais deviennent des «plates-formes» de distribution, structures ayant moins de fonctions que les centrales de distribution. Les sites de Satigny à Genève et Givisier sont aussi concernés. Le premier s'agrandit pour devenir la seule centrale de distribution régionale de l'Arc lémanique, tandis que le second est réaffecté en centre d'envergure nationale, dévoué notamment à la distribution des produits surgelés. Le canton du Tessin quant à lui perd trois centrales au profit d'une nouvelle structure de distribution régionale, basée à Castione.

La stratégie logistique est un des principaux projets développés par la direction de Coop afin d'augmenter son efficacité et améliorer sa compétitivité face à son concurrent principal, Migros. L'investissement nécessaire à la restructuration est estimé à 42 millions de francs. Trente millions concernent les centrales nationales – dont une part importante est destinée à l'agrandissement de la centrale de Wangen (SO) – et cinq millions seront injectés dans les centrales régionales. Les boulangeries recevront les sept millions restants. Avec ces investissements, Coop espère baisser ses frais de logistique à hauteur de 55 millions de francs par an, ce qui correspond à un dixième des frais actuels. Dans ses calculs, le distributeur n'a pourtant pas pris en compte les coûts liés aux transports supplémentaires. La nouvelle structure permettra notamment d'assurer un temps de livraison ne dépassant pas 24 heures. Une contrainte que s'est imposée Coop dans le cadre de son projet «best practice».

Une inconnue subsiste toujours au sujet de l'avenir des boulangeries Panofina. Leur sort reste jusqu'en 2005 entre les mains du département de la stratégie logistique, même si Hans Winiger affirmait hier que «Coop n'a aucune intention de vendre Panofina».