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Joos Sutter, directeur général de Coop, a présenté mardi un chiffre d’affaires et un bénéfice 2015 en baisse.
© GEORGIOS KEFALAS

Consommation

Coop a souffert du tourisme d'achat en 2015

Le groupe Coop a enregistré un recul de 4,4% de son chiffre d’affaires en francs l’an dernier. Les achats réalisés par les consommateurs dans les pays limitrophes sont notamment mis en avant par la direction pour expliquer cette baisse

Il y avait du monde au rendez-vous annuel de la Coop à Muttenz (BL). Et pour cause. Un an après l’abandon du taux plancher, le premier bilan du géant suisse de la distribution était attendu. Mardi, son directeur Joos Sutter a mis un terme au suspens en présentant devant la presse les résultats de son groupe en 2015. Le chiffre d’affaires global: 26,9 milliards de francs. En chute de 4,4% par rapport à l’exercice précédent (mais en hausse de 1,4% en le corrigeant des incidences monétaires). Migros, son principal concurrent, avait annoncé début janvier avoir réalisé un chiffre d’affaires en progression de 0,1%, à 27,4 milliards de francs l’an dernier.

Une des causes de ce chiffre en baisse: le tourisme d’achat provoqué par le franc fort. Celui-ci a notamment influencé le produit net de la division du commerce de détail, qui a reculé de 2,6% par rapport à 2014 pour ainsi atteindre 17,3 milliards. Pas de surprise: Joos Sutter l’avait prédit lors du bilan 2014. Un an après, les faits sCoopont là: «Nous faisons face à une concurrence accrue. Le tourisme d’achat a touché avant tout le commerce de détail au Tessin, et dans une moindre mesure en Suisse romande, où il s’est stabilisé à un niveau élevé», annonce le directeur.

Le Tessin plus touché que les autres cantons

Une constatation qui n’étonne en rien Nicolas Inglard, consultant chez Imadeo. «Le Tessin est un canton qui a toujours été plus réactif au niveau du commerce. D’une part en raison d’un niveau de salaire moyen plus bas, d’autre part à cause de la perméabilité plus forte historiquement de sa frontière avec l’Italie.» Les consommateurs tessinois seraient donc plus attentifs aux prix et plus volatiles. «Le tourisme d’achat est un problème de fond et durable. Il est impératif de s’en rendre compte», ajoute le fin connaisseur du marché du commerce en Suisse.

La Communauté d’intérêt du commerce de détail suisse, une structure de collaboration entre les principaux détaillants dont Coop fait partie, a d’ailleurs rendu public le 18 février dernier une étude sur les achats réalisés à l’étranger en 2015: le tourisme d’achat aurait progressé de 6% par rapport à 2013. 10% du volume global du commerce de détail suisse auraient été consommés à l’extérieur du pays. Selon l’étude toujours, la majorité des ménages suisses feraient désormais leurs courses dans un pays limitrophe à la Suisse. Et si ce phénomène touche particulièrement les régions frontalières, le centre est aujourd’hui également concerné, puisqu’un consommateur suisse sur cinq serait prêt à parcourir plus de 100 kilomètres aller-retour pour aller faire ses courses à l’étranger. La distance entre Porrentruy (JU) et Belfort en France.

Outre le tourisme d’achat, le commerce de détail a également été affaibli par les baisses de prix consenties par Coop sur ses produits alimentaires et non-alimentaires (pour ainsi répercuter ses gains de change dus au franc fort) et à l’effondrement des prix des combustibles et carburants. Un impact chiffré à 600 millions de francs. «La bonne rentabilité du secteur de gros et de la production a cependant eu un effet positif sur le résultat annuel», a tenu à pondérer Joos Sutter. Celui-ci a généré en 2015 un chiffre d’affaires de 10,6 milliards. Grâce notamment au groupe de livraisons en gros Transgourmet, qui a enregistré un produit net de 7,5 milliards, et à Bell, dont le chiffre d’affaires a augmenté en 2015 de 8,5% en francs courants (12,3% à taux constants.)

Du côté de l’engagement de la marque pour un commerce régional, éthique et responsable, les chiffres sont dans le vert également, avec un chiffre d’affaires de 3,1 milliards de francs en 2015. La gamme bio de Coop, leader sur le marché, a progressé d’environ 3%. Les ventes de produits Fairtrade Max Havellar ont-elles progressé de plus de 20%. Le groupe s’est également félicité de la «belle performance» de son commerce en ligne, qui lui aura rapporté 1,2 milliard de francs en 2015.

Bénéfice en recul de 54 millions de francs

Au total, le bénéfice annuel de Coop aura été de 416 millions de francs. Soit 54 millions de moins dans les caisses par rapport à 2014. «Il faut savoir que Coop a constitué une provision exceptionnelle de 60 millions de francs à sa Caisse de pension», a tenu à préciser Joos Sutter, président de la direction générale de Coop.

A noter les implications de ces tendances sur le personnel. Si le nombre de collaborateurs en Suisse est passé de 53 233 en 2014 à 54 004 en 2015, cette progression est essentiellement due à des engagements dans le secteur du commerce de gros et la production. Le commerce de détail, lui, a vu ses effectifs diminuer de plus de 250 collaborateurs.

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