L’épidémie de Covid-19 pousse la plupart des secteurs d’activité à se réinventer. Aux Etats-Unis, l’industrie du jeu veut passer en ligne, et sauver les finances publiques au passage. Les opérateurs de casinos affrontent deux vents contraires: les maisons de jeu de Las Vegas et d’ailleurs sont fermées, tandis que les clients potentiels sont confinés chez eux. Ce dernier point pourrait constituer une opportunité pour le jeu en ligne. Autre atout: la mise sur pause des événements sportifs, qui a éradiqué autant d’opportunités pour les parieurs de tout poil de se divertir avec de l’argent.

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Le lobby des casinos a bien perçu cet alignement des planètes. La iDevelopment & Economic Association fait le forcing pour que les casinos en ligne soient largement autorisés aux Etats-Unis. Actuellement, seuls six Etats ont légalisé le jeu en ligne, dont le New Jersey. Dans le Nevada, la Mecque du jeu, le poker est la seule discipline qui peut se pratiquer devant un ordinateur.

Selon le groupe de pression, la question est si vitale que les gouverneurs américains devraient utiliser leurs pouvoirs d’urgence. Et surtout encaisser les taxes qui se sont évaporées, à l’heure où les finances publiques s’apprêtent à être plombées par le ralentissement économique, relève le Wall Street Journal.

Après avoir beaucoup freiné…

On peut quand même se demander pourquoi les casinos n’y avaient pas pensé avant, comme tout le monde. Avoir une plateforme en ligne n’est plus vraiment considéré comme révolutionnaire dans la plupart des secteurs d’activité. En réalité, ils y ont pensé et certains ont déjà développé ce vecteur de revenus supplémentaires. Mais les opérateurs historiques, ceux qui pèsent vraiment, ont toujours considéré internet comme une menace pour leurs casinos ayant pignon sur rue. La crise les pousse maintenant à innover.

Ce ne sera pas particulièrement facile. Les autorités américaines ont certainement d’autres chats à fouetter. En outre, 14 Etats ayant des projets de loi sur le jeu en ligne ont suspendu ou annulé leurs sessions législatives. Enfin, pouvoir jouer à la roulette ou au poker depuis son canapé, 24h/24, pourrait créer des problèmes d’addiction ou de jeu compulsif. Utiliser les pouvoirs d’urgence pour légaliser quelque chose de néfaste pour une partie des utilisateurs n’est peut-être pas l’idée du siècle, relève le directeur d’une association contre les problèmes de jeu. Le lobby des casinos a déjà sa réponse: les sites illégaux de jeu en ligne le font déjà, pourquoi pas nous?