Le monde du travail n’avait jamais été si rapidement bouleversé. Depuis la mi-mars, nous avons expérimenté, contraints, des pratiques professionnelles inédites pour beaucoup, à commencer par le télétravail. Pour nombre d’entre nous, cela a été l’occasion de réaliser que, oui, il est possible d’exercer son métier depuis son domicile, et qu’éviter les trajets ou passer plus de temps en famille a des effets positifs sur la qualité de vie.

Mais cette expérience a aussi permis de se rendre compte que nos collègues nous manquaient, que les séances en ligne ne vaudraient jamais les réunions en présentiel ou que l’absence de limite entre vie privée et vie professionnelle rendait notre quotidien plus épuisant encore.

Repenser les règles

Quelles leçons tirer, donc, de cette expérience à grande échelle du télétravail? La première: de ne pas revenir en arrière. Cela ne signifie pas poursuivre le télétravail à 100%, privilégier les réunions virtuelles ou conserver automatiquement les nouveaux procédés mis en place pendant cette période.

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Cela signifie repenser le bien-fondé des règles et habitudes qui faisaient nos organisations et nos entreprises avant la crise. Cela signifie ne plus refuser le travail à domicile par principe, comme le faisaient nombre de dirigeants. Mais aussi envisager le coworking pour des employés qui souhaiteraient travailler plus près de chez eux. Renoncer à faire un aller-retour à Londres dans la journée pour une réunion d’une heure qui pourrait se faire en ligne. Introduire durablement des outils et pratiques numériques. Se soucier davantage de ce que vivent ses collègues. Revaloriser, aussi, des professions souvent dépréciées dont on a réalisé l’importance pour le bon fonctionnement de notre société.

Tout à gagner

Même si cette crise est tragique, elle se présente comme une expérimentation unique, et comme l’occasion ou jamais de mettre fin à des pratiques qui ne correspondent plus à notre société. Et d’en entamer de nouvelles. Car ces nouveaux modes de travail, plus flexibles, s’avèrent meilleurs à la fois pour la planète et pour notre équilibre personnel. Et donc meilleurs aussi pour les entreprises, qui ont tout à gagner à suivre cette direction.

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Il ne s’agit pas de tout transformer, mais simplement de ne pas revenir au bureau comme si rien ne s’était passé. D’autant que le déconfinement va être progressif, impliquer une distanciation sociale et qu’un retour en arrière ne peut pas être exclu.

Le monde du travail n’avait jamais été si rapidement bouleversé. A nous, maintenant, de savoir en tirer parti.