Alors qu’il se déconfine graduellement, le Royaume-Uni est de plus en plus empêtré dans les répliques qui suivent le séisme qu’a été le Brexit. Le psychodrame de la semaine dernière autour des suites du Megxit – la sortie du prince Harry et de sa femme Meghan de la famille royale britannique – ne parviendra sans doute pas à éclipser longtemps les indicateurs conjoncturels négatifs: vendredi, l’Office national des statistiques a annoncé que le PIB britannique avait entamé cette année avec un recul de 2,9% en janvier, contre une hausse de 1,2% en décembre. Sur l’ensemble de 2020, il avait déjà subi un plongeon de 9,9%, soit sa pire dégringolade en… trois cents ans.

Tout aussi symbolique, les exportations britanniques vers l’Union européenne ont plongé de 41% en janvier – le premier mois plein depuis la sortie effective du marché unique européen – par rapport à décembre. Les lourdeurs douanières et autres tracasseries administratives sont bel et bien devenues réalité. Et le Brexit est loin d’être clos. Jeudi, Londres annonçait repousser à janvier prochain les contrôles sur les importations de marchandises européennes. Bruxelles a, de son côté, déclenché lundi des procédures de contentieux sur les contrôles douaniers en Irlande du Nord.