Tenter de mettre la main sur un hôtel suisse qui ne travaille pas avec Booking revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Fondée en 1996 à Amsterdam, la plateforme de réservation en ligne a su se rendre indispensable.

Souvent décriée par les milieux touristiques, l’agence de voyages numérique n’a pas que des inconvénients. Bien au contraire. Profitant de sa stature, les hôtels gagnent une vitrine mondiale, en s’épargnant de coûteux frais de marketing. Mais cette visibilité se paie cher: la commission peut aller de 10 à 25%.

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Grâce à ce modèle efficace, Booking règne en maître en Europe, laissant quelques miettes à Expedia et HRS. La plateforme dicte ses règles. Elle interdit par exemple aux hôteliers suisses d’offrir sur leur site des tarifs moins élevés que par son entremise.

Mais les jours de cette pratique sont comptés. Quatre ans après l’acceptation d’une motion, le Conseil fédéral devra prochainement la proscrire en modifiant la loi sur la concurrence déloyale. La Suisse emboîtera ainsi le pas à la France, l’Allemagne ou encore l’Autriche.

Imposée par le parlement, cette intervention étatique ne fait pas l’unanimité. Contraire à la liberté contractuelle, l’interdiction pourrait par exemple entraîner des comportements de parasite: du «butinage» sur la plateforme, puis une réservation directe sans la rémunération du service opéré.

Google en embuscade

Autre argument: avant la pandémie, la concurrence, gage de fluidité, pointait le bout de son nez en la personne d’Airbnb, mais aussi de Google qui n’a jamais caché son intérêt pour cette activité. Le géant de Mountain View la pratique d’ailleurs déjà, avec des commissions plus avantageuses.

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Mais à elle seule, la composition du casting plaide en faveur de l’abandon de ces contraintes tarifaires, histoire de rééquilibrer un tant soit peu le rapport de force entre intermédiaires et hôteliers.

Vous avez la désagréable impression que ces derniers veulent l’argent du beurre et la crémière? N’oubliez pas les leçons de l’histoire récente: les géants du numérique ont dévoré avec voracité tous les gâteaux qui se sont présentés à eux.

D’ailleurs, vous pouvez compter sur leur ingéniosité pour trouver une parade à ce petit écueil. En développant par exemple des programmes de fidélité pour garder le client sur leurs terres.

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