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L’entreprise suédoise Spotify est devenue en moins de dix ans la référence mondiale du streaming musical.
© Lucas Jackson/Reuters

Marchés

Avec sa cotation à New York, Spotify entre dans la cour des grands

L’entrée à la bourse de New York de Spotify est une fierté pour la Suède, où est né le numéro un mondial de la musique en ligne. L'action du groupe suédois a fait ses premiers pas à Wall Street à 29,5 milliards de dollars, un montant bien supérieur aux plus récentes estimations

Pour Daniel Ek, le patron de Spotify, l’entrée à la bourse de New York du numéro un mondial de la musique en ligne serait presque un non-événement. «Cela ne change pas qui nous sommes et comment nous travaillons, a-t-il écrit lundi sur le site du groupe. Spotify ne lève pas de capitaux et nos actionnaires comme nos salariés peuvent acheter ou vendre nos actions depuis des années.»

Mardi, de fait, l’entreprise suédoise avait opté pour une cotation directe, sans émettre d’actions nouvelles, avec un cours de référence fixé à 132 dollars. Une procédure inhabituelle et dont les résultats vont être analysés avec attention, alors que les valeurs technologiques souffrent depuis quelques jours de fortes baisses sur les marchés.

Lire aussi: La crise du secteur technologique touche la Suisse

Ce profil bas s’explique aussi par le paysage toujours tourmenté de l’industrie musicale. L’histoire de Spotify, né dans un petit appartement de Stockholm, pourrait certes faire rêver nombre de créateurs de start-up.

Une consécration pour la Suède

Avec 159 millions d’utilisateurs actifs (dont 71 millions d’abonnés payants) et 4,8 milliards de dollars de revenus, Spotify est devenu en moins de dix ans la référence du streaming musical, disponible dans 61 pays. Mais cette ascension ne s’est pas faite sans heurts. Contrairement à Netflix, Spotify dépend des grandes majors du disque et doit compter avec de puissants concurrents, comme Apple Music ou Amazon. Spotify, par ailleurs, n’a que des promesses à offrir à ses actionnaires, comme celle d’arriver à 96 millions d’abonnés d’ici à la fin de l’année… Car l’entreprise n’a jamais dégagé de bénéfices.

Malgré ce contexte incertain, la Suède voit dans cette introduction en bourse une consécration… et la confirmation du bien-fondé de son modèle économique. Ce petit pays de 10 millions d’habitants, qui consacre 3,2% de son produit intérieur brut à la recherche, se distingue en effet par sa capacité à attirer les licornes, ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars. Skype, le leader mondial des appels vidéo sur internet, est suédois. Comme King ou Mojang, les créateurs des jeux emblématiques Candy Crush et Minecraft. Ou encore Klarna, une solution de paiement en ligne.

Valorisation de 23 milliards de dollars

Spotify, cependant, se détache nettement de ce lot de pépites. Sa valorisation, estimée à 29,5 milliards de dollars, la met aujourd’hui à la hauteur des plus grandes entreprises suédoises, comme Ericsson ou H&M. Unique groupe européen de média à rayonnement mondial, Spotify a aussi rebattu les cartes de l’industrie musicale. Alors que le téléchargement illégal avait provoqué sa chute, le streaming payant, qui permet d’écouter des millions de titres sans les stocker sur son disque dur, l’a ressuscité.

Pour Henrik Torstensson, qui a longtemps travaillé pour Spotify avant de fonder l’application suédoise Lifesum, la performance de son ancien employeur est unique: «Dans le monde, il n’y a que Netflix qui attire des abonnés à un rythme plus rapide. Spotify a surclassé Apple, Google ou Microsoft.»

Pour le gouvernement suédois, la popularité de l’entreprise permet aussi de redorer le blason national. Un engouement dont a pu juger sur pièces Leif Pagrotsky, actuel consul à New York et ancien ministre chargé du Commerce et de l’Industrie: «Spotify est un service utilisé par des dizaines de millions d’Américains, qui a changé le monde de la musique pour toujours. Cela donne l’image d’un pays moderne, en première ligne… C’est bon, très bon pour la Suède.»

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