L'annonce semble sonner le glas d'une époque. Le géant de la distribution Sears, institution américaine dont sont peuplés les centres commerciaux, s’est déclaré en faillite lundi. Le commerce en ligne est pointé du doigt comme un élément clé de cette banqueroute.

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Le groupe Sears Holdings, créé en 1886 et pionnier des grands magasins, s’est placée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Cette disposition permet à une entreprise de continuer à opérer et de se redresser sans la pression de ses créanciers. La nouvelle met en émoi la presse économique, qui y voit un tournant: 

Le groupe indique qu’il «prévoit de procéder aussi rapidement que possible au processus de restructuration et s’engage à poursuivre un plan de réorganisation à très court terme».

Sears Holdings, qui possède les magasins Sears Store et Kmart, a en outre annoncé la fermeture de 142 boutiques d’ici la fin de l’année. Elles s’ajoutent aux 46 fermetures prévues d’ici le mois de novembre, alors qu’au printemps 2018, 103 magasins du groupe avaient déjà tiré le rideau.

Amazon en ligne de mire

Edward S. Lampert, qui occupait le poste de PDG, devient uniquement président du conseil d’administration, tandis que la direction va être assurée par un «bureau du PDG» nouvellement créé.

Cette chaîne de magasins est lourdement endettée et fait face à la concurrence du commerce en ligne, notamment du géant Amazon. La faillite de Sears est emblématique d’un changement de modèle de consommation, et va de pair avec la désaffection des centres commerciaux.

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Le groupe avait constitué un vaste empire en Amérique du Nord. Il pourrait lundi ne pas être en mesure de rembourser une échéance de 134 millions de dollars.

En mars, un autre géant américain du commerce, Toys’R’Us, enseigne spécialisée dans la vente de jouets, avait annoncé qu’il cherchait un repreneur, à la suite de l’annonce de la mise en liquidation des 735 magasins de l’enseigne aux Etats-Unis. La société française Jellej a été choisie le 8 octobre pour en reprendre la filiale hexagonale.