Le coup dur se confirme pour l’économie chinoise

Heureusement que les services et les exportations tiennent bon. Car pour le reste, l’économie chinoise donne décidément de très nets signes de ralentissement. Au mois d’août, la production industrielle a connu une croissance de 6,9% sur un an, soit la plus mauvaise performance depuis décembre 2008.

On se souvient que c’est à la fin 2008 que la Chine avait pris de plein fouet le contrecoup de la crise financière internationale. Ces dernières semaines, plusieurs indices avaient déjà laissé entendre que la production industrielle flanchait. A cela s’ajoute une activité de crédit plus faible que prévu, qui pourrait traduire le fait que, malgré les mesures ciblées de relâchement monétaire prises par Pékin, la demande de crédit n’est pas très forte. D’ailleurs, l’investissement voit également sa croissance diminuer. Les chiffres qui viennent d’être publiés ont pris la plupart des économistes par surprise, et pointent donc un ralentissement prononcé de l’activité économique au troisième trimestre.

En dépit de la sérénité qu’il affiche, le pouvoir va devoir batailler pour atteindre l’objectif de 7,5% de croissance qu’il s’est assigné pour cette année. Si la bourse de Shanghai se porte plutôt bien, c’est d’ailleurs que les investisseurs font de plus en plus le pari que Pékin ne va pas pouvoir échapper à de nouvelles mesures de relance. Un scénario qui apparaît d’autant plus plausible que l’inflation est sous contrôle, rendant possible un relâchement monétaire.

Tokyo et Séoul se reparlent

Pour les chancelleries japonaise et sud-coréenne, c’est un événement exceptionnel. Le ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Yun Byung-se, a assisté, hier, à un festival folklorique en compagnie de Koro Bessho, l’ambassadeur du Japon à Séoul. Les deux hommes auraient même bu un thé ensemble à l’issue de l’événement organisé dans le centre de Séoul.

Alors que les deux pays sont en froid depuis deux ans, cette brève rencontre doit montrer que l’exécutif sud-coréen serait décidé à renouer le dialogue avec le gouvernement de Shinzo Abe, qu’il soupçonne de révisionnisme. Séoul estime que certains élus japonais chercheraient à amoindrir l’ampleur des atrocités commises par son armée lors de l’occupation de la péninsule coréenne dans les années 30 et 40. Les deux pays se disputent aussi la souveraineté de petits îlots situés en Mer du Japon. Ces rochers Liancourt sont de fait contrôlés par la Corée du Sud qui les nomme «Dokdo» mais restent revendiqués par le Japon qui les appelle, de son côté, «Takeshima».

Hier, les deux diplomates ont indiqué qu’ils avaient pris soin, lors de leur rencontre, d’éviter tous les dossiers épineux qui pèsent sur la relation entre les deux partenaires économiques. Ils auraient préféré discuter d’échanges culturels et évoqué la célébration l’an prochain du cinquantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre leurs deux nations. Pointant la montée en puissance de la Chine en Asie, les Etats-Unis poussent depuis des mois Séoul et Tokyo, ses deux principaux alliés dans la région, à enclencher un réchauffement de leurs relations.

Shinzo Abe hésite à appliquer la hausse de TVA promise

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a assuré, hier, qu’il n’avait pas encore décidé s’il enclencherait, dans un an, la seconde phase de hausse de TVA promise par son parti. «L’économie est une chose vivante et je veux donc pouvoir rester neutre dans ma réflexion», a expliqué le chef du gouvernement qui dit ne vouloir trancher dans ce débat compliqué que lorsqu’il disposera de statistiques décisives sur l’état réel de la croissance dans le pays.

Le dirigeant conservateur, qui a promis de relancer l’activité économique tout en remettant en ordre les finances publiques, devrait analyser début décembre les données sur la croissance au troisième trimestre avant de valider un passage du taux de TVA de 8% à 10%. La précédente hausse de cette taxe, enclenchée en avril dernier, avait fait plonger l’activité dans l’Archipel. En rythme annualisé, la contraction avait atteint 7,1% sur la période allant d’avril à juin.

Les hésitations de Shinzo Abe tranchent avec la fermeté affichée par plusieurs cadres de sa majorité. Ce week-end, son ministre des Finances, Taro Aso, avait expliqué qu’un report de la hausse de TVA nuirait grandement à la crédibilité du Japon sur les marchés. Samedi, le numéro 2 du parti majoritaire – le LDP – avait mis en garde l’exécutif contre tout projet de remise en cause de cette augmentation, nécessaire à un renflouement des caisses de l’Etat.

Réforme des groupes d’Etat chinois: Sinopec montre l’exemple

Le pétrolier chinois China Petroleum & Chemical Corp (CPCC), connu sous le nom de Sinopec, a annoncé hier qu’il allait vendre une partie de son activité distribution. Ce projet était connu depuis plusieurs mois, mais cette fois, il se concrétise: Sinopec va vendre pour 107 milliards de yuans (environ 13 milliards d’euros) d’actions, ce qui représentera, après les opérations, 29,99% du capital de la filiale de distribution du groupe.

On trouve, parmi les nouveaux actionnaires, des grands noms du capitalisme chinois, et en particulier Fosun, le conglomérat connu en France pour posséder des parts dans Club Med. Figurent également dans cette liste China Life, l’assureur public, ENN Energy, qui fournit du gaz, Haier, le groupe d’électroménager, ou encore China Cinda, l’une des quatre structures de défaisance qui avaient été créées au début des années 2000 pour éponger les pertes des banques, et qui s’est depuis diversifiée.

Avec cette privatisation partielle, Sinopec confirme le souhait des autorités de faire rentrer des capitaux privés dans la structure capitalistique des grands groupes d’Etat. Mais cette réforme illustre également le fait que Pékin n’a aucunement envie de s’attaquer à la mainmise des groupes publics sur certains marchés. Si l’entrée de capitaux, parfois privés, dans de telles entités peut éventuellement permettre de rendre plus dynamique la gestion de ces sociétés, il s’agit surtout d’un apport d’argent frais pour Sinopec. Qui ne remet aucunement en cause son statut de leader sur le marché de la distribution d’essence en Chine.