Economie

La course aux MBA's fait rage: plus compétitives que jamais, les grandes écoles américaines donnent l'exemple

Management. Les 25 meilleures écoles de management des Etats-Unis, véritables sésames pour les postes clés de l'économie et les salaires à six chiffres, sont passées au peigne fin dans une enquête de l'hebdomadaire Business Week

Sésame pour des milliers d'étudiants qui rêvent de pénétrer le sérail des salaires à six chiffres, condensé en trois lettre d'or, le Master of Business Administration, MBA, fait cette semaine la «cover story» de Business Week . L'hebdomadaire américain y produit le classement «Top 25» des meilleures institutions de l'année. Meilleures pour qui? Les étudiants, d'une part, premier intéressés par la qualité de l'enseignement et les opportunités de carrières. Les recruteurs, d'autre part, qui viennent puiser leurs forces dans cette pépinière d'élites. L'enquête prend en compte les deux points de vue conjointement, ce qui n'est pas courant, affirment ses auteurs. Vous songez à préparer un «Master» et pensez vous inscrire à Stanford ou Harvard? Vous avez tout faux. En 1998, c'est à Wharton qu'il faut aller, car l'institution est la préférée des recruteurs et des étudiants pour ses performances et la qualité de son enseignement. Moyennant une somme coquette: comptez 24 990 dollars (env. 33 000 francs) pour une année d'écolage. A Wharton, n'entre pas qui veut: 13% seulement des candidats y sont acceptés cette année, pour un contingent constitué de 29% de femmes. Une fois diplômés, 83% des «poulains» Wharton gagnent plus de 100 000 dollars par an. Mais la réputation ne serait pas surfaite: une fois le MBA en poche, le «whartonien» se voit proposer 3,2 offres spontanées de recruteurs. Paula Goodman, vice-présidente et senior recruiter de Citibank en fait la démonstration. Interrogée par Business Week, elle commente: «Le diplômé de Wharton est un être harmonieux réunissant à la fois les qualités du spécialiste et celles du généraliste. Et il s'adapte parfaitement aux circonstances extrêmes.» Comme pour le dilemme de la poule et de l'œuf, l'enquête ne dit pas si l'institution attire ce type de profils ou si elle les façonne. D'autres institutions, tout aussi prestigieuses, se voient reléguées aux rangs des «C's», en queue de peloton, après avoir eu leurs heures de gloires. Harvard par exemple, a reculé dans le classement pour une sombre histoire de harcèlement sexuel entre étudiants que l'administration n'aurait pas su gérer. L'Université de Stanford s'est vu ravir deux places parce que les recruteurs n'ont pas apprécié que ses diplômés leur préfèrent les «petites» start-ups de Silicon Valley. A l'inverse, certaines écoles ont su réagir aux mutations des marchés et satisfaire rapidement aux demandes des étudiants et des recruteurs. C'est le cas de la Business School Haas de l'Université de Berkeley dont le point fort est un nouveau cours sur les «tendances dans la technologie». D'autres sont sorties de l'ornière, sous l'impulsion d'un doyen particulièrement créatif. Et l'hebdomadaire de citer Cornell ou Chicago.

Rien ne semble donc affecter l'incompressible succès de ces «boîtes magiques», et surtout pas la crise et les menaces de récession aux Etats-Unis. Les compagnies rappellent que la course aux «top-managers» n'a jamais été aussi intense et en deux ans les inscriptions ont augmenté de 10%. Et si la forte demande internationale – notamment venue d'Asie – devait faiblir, elle sera compensée par des inscriptions domestiques en hausse, en raison d'un marché de l'emploi devenu aride.

Le mensuel français «l'Essentiel du management» propose, à partir de son numéro d'octobre, une série d'articles sur trois écoles préparant au MBA que les recruteurs considèrent comme les meilleures d'Europe, à savoir l'Insead de Paris, l'IMD de Lausanne et la London Business School.

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