Le record établi en juillet par la société d'investissement américaine Kohlberg Kravis Roberts (KKR), avec 33 milliards de dollars offerts pour la reprise du groupe de santé HCA, n'aura pas tenu quatre mois. La course à la taille des transactions géantes a été relancée lundi par le concurrent de KKR, la société d'investissement américaine Blackstone. Celle-ci offre 36 milliards de dollars pour Equity Office, un spécialiste de la pierre détenant 590 immeubles de bureaux au centre de 25 grandes villes américaines. Depuis sa création en 1987, le groupe financier a réalisé près de 200 milliards de dollars de transactions.

Cette dernière opération n'est pas l'unique annonce géante du jour. Elle est suivie de près par l'offre d'achat de la compagnie minière Freeport McMoran, qui cherche à racheter sa concurrente Phelps Dodge pour 25,9 milliards. Si elle est conduite à son terme, elle créera la plus grande compagnie américaine extrayant le cuivre, avec un chiffre d'affaires global de 16,6 milliards sur les neuf premiers mois.

En comparaison, les deux autres annonces du jour, l'offre de rachat de la branche de banque privée du courtier en ligne Charles Schwab par la Bank of America pour 3,3 milliards et celle de l'aciérie Oregon Steel Mills par la société russe Evraz pour 2,5 milliards font figure d'opérations secondaires.

Gros effet de levier

Les acquisitions géantes d'Equity Office par Blackstone et de Phelps Dodge par Freeport mettent en exergue la puissance du levier que peuvent jouer des acquéreurs bien structurés. Blackstone ne dispose dans son fonds spécifiquement immobilier que d'une fortune de 5,8milliards.

Il en paiera toutefois 20 milliards, soit une prime de 20,5% par rapport au cours moyen d'Equity Office des trois derniers mois. En plus, il assumera une dette supplémentaire de 16 milliards. Les détails du financement de la transaction ne sont pas communiqués. Cependant, les moyens ne lui font pas défaut. L'acquéreur a levé plus de 21 milliards cette année, dont 5,25 rien que pour son fonds immobilier, et recourra à la dette pour lever le solde.

L'effet de levier est similaire dans le cas de l'acquisition de Phelps Dodge par Freeport. Avec un chiffre d'affaires de 5,6 milliards sur 9 mois, l'acquéreur est près de deux fois plus petit que sa cible. Il dispose toutefois de réserves proches du double en or et en cuivre dans ses gisements miniers.

Les deux transactions géantes interviennent aussi à un moment où les cours de l'immobilier et du cuivre, après avoir atteint un sommet, sont en stagnation, voire en léger repli depuis la fin de l'été.