L’exercice économique et financier 2016 «s’est mis sur son trente-et-un» pour clôturer l’année, tout coloré de vert, de paillettes et d’étincelles. La danse du réveillon a mélangé tous les genres, signe d’une année où politique et économie se sont enlacées tantôt en économie politique, tantôt en politique économique.

Invités surprises

Les néologismes entre croissance et inflation s’y sont également mêlés avec la présence tantôt discrète et tantôt manifeste de la DEflation, de la STAGflation et de la REflation. Nombre d’invités surprises à cette soirée de fin d’année, personnalités politiques et économiques désireuses d’être présentes pour formuler les vœux de l’an nouveau. Parmi elles, Brexit, Donald Trump, le billet vert, le taureau de Wall Street, sans oublier Mario Draghi ou Janet Yellen, rompus à la tradition du réveillon de la Saint-Sylvestre.

Une année où les événements politiques ont largement volé la vedette à l’économie: le Brexit, l’avènement de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, mais également les élections répétées espagnoles et autrichiennes, le référendum italien, la destitution de Dilma Rousseff au Brésil, le coup d’Etat militaire en Turquie, le décès de Fidel Castro; et surtout, les attentats de Bruxelles, de Nice, de Berlin, d’Istanbul, du Moyen Orient et la crise des réfugiés qui placent l’humain au centre de ces problématiques politiques et économiques.

Progrès modéré de la croissance économique

Pendant ce temps, la croissance économique progressait modérément avec une certaine stabilité des prix et des principaux taux de changes, permettant de rééquilibrer les secteurs industriels face aux services, de redonner des perspectives exportatrices, de stabiliser les prix des matières premières et les économies émergentes. Un mouvement progressif et trop lent pour être considéré par les marchés financiers.

Les investisseurs ont reposé leurs espoirs sur les héros politiques après avoir adulé les héros monétaires. Le monde financier a, tout à coup, redécouvert les vertus de la reflation à la Keynes après avoir longtemps pleuré sur les risques de déflation. L’année 2016, entamée par des craintes injustifiées de récession imminente aux Etats-Unis, se clôture sur des risques de surchauffe inflationniste. Les records à la baisse du mois de janvier 2016 ont cédé la place aux records haussiers de fin d’année; actions, obligations et matières premières sont au coude à coude dans la course à la performance annuelle à deux chiffres.

Que de contrastes et de suspenses dans cette course effrénée pour la première place. On retiendra de 2016 l’ordre de la course en faveur de la politique. En 2017, elle se poursuit. Les nombreuses inconnues de l’équation de politique économique, «Trumponomics» ou Brexit, persistent et ne manqueront pas créer des va-et-vient en particulier sur les marchés financiers.


*Economiste en chef, BCGE