Automobile

La course vers la voiture autonome s’accélère

Alors qu’Uber teste une centaine de véhicules sans chauffeur, Ford promet des voitures autonomes pour 2021

Si la direction d’Uber cherchait une raison supplémentaire d’accélérer le développement de véhicules autonomes, elle l’a trouvée vendredi. Un juge a cassé un accord conclu entre la société de transport et plusieurs dizaines milliers de chauffeurs américains.

Uber avait accepté de leur verser 100 millions de dollars pour qu’ils renoncent à leur demande d’être considérés comme des salariés. Estimant que l’accord n’était pas assez favorable aux chauffeurs, un juge de Californie a exigé qu’Uber fasse de nouvelles propositions d’ici le 15 septembre, date d’une prochaine audience.

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Une centaine de véhicules autonomes

Cette décision de justice est intervenue quelques heures après l’annonce, par Uber, de sa plus grande percée vers la création de taxis sans chauffeur. La société, qui compte 1,5 million de conducteurs indépendants sur la planète, va faire rouler à Pittsburgh, dans l’Etat de Pennsylvanie, jusqu’à une centaine de véhicules autonomes. Ce sera des Volvo XC90 et des Ford Fusion, dont les premiers modèles seront mis sur la route d’ici deux semaines. Ces taxis ne seront, dans les faits, pas totalement autonomes.

Equipés de capteurs, de caméras et de radars, ils seront pilotés par des logiciels, mais deux employés d’Uber prendront place sur les sièges avant. L’un pour reprendre manuellement le contrôle du taxi en cas de problème, l’autre comme observateur. Sur la banquette arrière se trouvera un vrai client qui pourra ainsi effectuer des trajets, dans Pittsburgh, dans des périmètres délimités à l’avance.

De nombreuses alliances

Uber n’est bien sûr pas seul sur ce créneau. Son principal concurrent sur sol américain, Lyft, a annoncé des tests similaires pour 2017, en partenariat avec General Motors (GM), qui lui fournira à ces fins des Chevrolet Bolt. GM a déjà investi 500 millions de dollars dans Lyft, alors que Toyota a injecté 100 millions dans Uber. Volkswagen, de son côté, a investi 300 millions de dollars dans Gett, service de taxi présent dans 60 villes en Russie, aux Etats-Unis, en Israël et en Grande-Bretagne. Volvo investira quant à lui 300 millions aux côté d’Uber pour les tests effectués en Pennsylvanie.

Ford mise sur la Silicon Valley

Ford tente aussi de rester en course face à l’inventivité d’Uber, Lyft, mais aussi Google – ce dernier, qui a fait parcourir plus de 2,4 millions de kilomètres à ses véhicules autonomes, n’a par ailleurs plus communiqué à ce sujet depuis plusieurs semaines. Ainsi, le constructeur américain a annoncé cette semaine le doublement de ses effectifs à 300 ingénieurs à Palo Alto, dans la Silicon Valley.

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La marque américaine et le groupe Internet chinois Baidu ont par ailleurs investi 150 millions de dollars dans Velodyne, qui fabrique des capteurs à technologie laser, composant important des véhicules autonomes. Ford promet désormais des voitures sans conducteur pour 2021. «Ford veut faire le maximum à l’interne, mais reconnaît qu’il est préférable de nouer des partenariats avec ceux qui possèdent des technologies innovantes», estimait vendredi un analyste de la société de recherche LMC Automotive, cité par Bloomberg.

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