Le conseiller d'Etat genevois François Longchamp, président d'Aéroport international de Genève (AIG) depuis décembre dernier, et son nouveau directeur général, Robert Deillon, se sont félicités jeudi de l'«excellente santé» de l'aéroport grâce à l'augmentation de 9,5% du trafic passager en 2005. Lors de la conférence de presse annuelle, l'un et l'autre se sont toutefois bien gardés de parler de la baisse de 1,9% du bénéfice opérationnel. Le bénéfice net augmente grâce à un important effet de désendettement.

La profitabilité a été rognée par un envol de 10,6 millions des charges salariales (+7,1%) et des dépenses de fonctionnement (+6,4%). Les coûts supportés par une infrastructure comme Cointrin sont en grande partie fixes. C'est-à-dire qu'ils dépendent peu d'un surcroît d'activité. D'ailleurs, les mouvements d'avions n'ont augmenté que de 2,6%.

Robert Deillon explique l'amaigrissement des marges par un effort dans la «sûreté». L'aéroport a notamment renforcé les contrôles pour l'accès au tarmac, précise le rapport annuel. Ce poste s'est alourdi de 4 millions de francs, selon Pierre Germain, le directeur financier. Ce dernier invoque aussi des travaux d'entretien des bâtiments plus importants que d'habitude. En 2004 déjà, la croissance de 11,7% du nombre de passagers n'avait permis qu'une progression de 1,1% du bénéfice net. Dans une entreprise privée, la stagnation du bénéfice deux ans d'affilée dans un environnement aussi porteur mettrait les actionnaires mal à l'aise.

Mais l'AIG est un établissement public et son propriétaire est en tous points satisfait: «tous les indicateurs sont au vert», a déclaré François Longchamp. Une privatisation serait un «non-sens absolu», a-t-il ajouté. C'est peut-être vrai au regard du montant que le canton de Genève s'apprête à empocher. Son dividende sera de 19,7 millions (+42,7%) après que l'Etat a porté de la moitié aux deux tiers la part du bénéfice qu'il s'arroge.

Du côté des compagnies, EasyJet a connu une croissance de 28% de son trafic genevois en 2005. Air France et British Airways croissaient de plus de 20%. Ces deux compagnies ne sont plus loin de doubler Swiss en termes de part de marché. «Swiss doit reconquérir le cœur des Romands», a lancé Robert Deillon. EasyJet conforte sa place de leader avec 29,7% de part de marché (contre 24% en 2004).

Sur les cinq premiers mois de l'année, la hausse du trafic a ralenti à 5,3%.