L’Office fédéral de la statistique (OFS) met des chiffres sur l’impact qu’a eu la pandémie, plus précisément le semi-confinement, sur le travail en Suisse.

En publiant des analyses complémentaires à son enquête sur la population active au deuxième trimestre 2020, l’OFS confirme sans surprise que la durée de travail globale des Suisses a chuté par rapport à la même période l’an dernier. La baisse hebdomadaire moyenne s’est inscrite à 9,5%. «Elle est surtout due au chômage partiel, aux indépendants ou à d’autres raisons telles que les quarantaines», observe Rongfan Li, collaboratrice scientifique au sein de la section travail de l’OFS.

Les indépendants et les femmes plus touchés

Chez les salariés, les absences hebdomadaires moyennes dues aux réductions de l’horaire de travail (RHT) ont fortement augmenté, passant de 0,1 à 2,4 heures par personne active occupée. La baisse du nombre d’heures travaillées s’est révélée plus importante chez les femmes (-11,3%) que chez les hommes (-8,4%).

La baisse de la durée de travail a par ailleurs été influencée par la situation familiale des personnes sondées; elle s’est inscrite à 11,5% lorsque celles-ci avaient des enfants en bas âge (0-6 ans), à 9,1% pour une progéniture âgée de 7 à 14 ans et à 7,9% lorsqu’il n’y avait plus d’enfant de moins de 15 ans dans le ménage.

A l’instar des femmes, les indépendants ont représenté une autre catégorie de travailleurs très affectés par les mesures sanitaires. Affichant un taux de 13,9%, la baisse de leur activité a été plus marquée que chez les salariés, où le repli s’est porté à 9,1%.

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Les branches économiques ont été touchées de manière différenciée. L’enquête montre par exemple l’ampleur du ralentissement observé dans l’hôtellerie et la restauration, où la durée de travail a chuté de 54,1% par rapport à la même période un an plus tôt. Seul secteur épargné, l’agriculture et la sylviculture n’ont subi aucun impact.

Du télétravail, mais plutôt occasionnel

Le recours au travail à domicile représente l’autre grande tendance disséquée. «Il s’est surtout traduit par du télétravail occasionnel», relève Thomas Christin, collaborateur scientifique à l’OFS. Sur les 44,2% des personnes qui ont travaillé à distance (29% un an plus tôt), 30% signalent l’avoir fait à titre occasionnel, 12% à titre régulier.

Les données recueillies montrent aussi quelles sont les branches qui ont pu recourir au télétravail. Dans le domaine de l’information, de la communication, de l’enseignement ou de la finance, pas moins de huit employés sur dix ont été en mesure d’œuvrer à distance. En revanche, des taux bien plus bas ont été observés dans la construction (18,7%), le commerce (32,8%) et la santé (26,7%). Les hommes (45,5%) comme les femmes (42,8%) ont davantage utilisé ce mode de travail.

L’OFS note enfin que la population active a pris peu de vacances durant cette période, ce qui a tout de même contenu la baisse de l’activité professionnelle. La productivité ne peut en revanche pas être estimée sur la base de cette enquête. En juin, l’Union suisse des arts et métiers avait publié une étude qui montrait que les Suisses s’étaient montrés plus efficaces durant le semi-confinement.

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